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Villa gallo-romaine de Saint-Romain-de-Jalionas dans l'Isère

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Villa Gallo-Romaine
Villa

Villa gallo-romaine de Saint-Romain-de-Jalionas

    18 Rue de l'Église
    38460 Saint-Romain-de-Jalionas
Propriété de la commune ; propriété d'une société privée ; propriété privée
Crédit photo : luigifab - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
100
200
300
400
500
1900
2000
Vers 40 av. J.-C.
Transformation en villa romaine
15 apr. J.-C.
Construction du palais
IVe siècle
Chapelle chrétienne intégrée
450
Démantèlement du domaine
18 juin 1984
Inscription aux Monuments Historiques
1995
Début des fouilles programmées
2018
Création du jardin antique
avril 2025
Pillage par détection de métaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Villa gallo-romaine (vestiges) (cad. AH 28 à 31, 33, 34 ; AI 1 à 5, 7) : inscription par arrêté du 18 juin 1984

Personnages clés

Hippolyte Müller - Fondateur du musée dauphinois Enquête sur les découvertes du XIXe siècle.
Roger Pinet - Historien amateur et peintre Premières fouilles après 1967.
Aloys Dufourg - Étudiant en histoire Fouilles dans les années 1970.
Robert Royet - Conservateur régional d’archéologie Dirige les fouilles depuis 1985.

Origine et histoire

Le site archéologique du Vernay, à Saint-Romain-de-Jalionas (Isère), est un ensemble majeur couvrant la période gauloise à l’Antiquité tardive. Son cœur est une villa gallo-romaine du Bas-Empire, inscrite aux monuments historiques en 1984. Ce palais rural, d’une superficie inhabituelle de 2,5 hectares pour les bâtiments d’habitation, inclut des thermes avec hypocauste, une piscine de 20x6 mètres, un moulin hydraulique rare, et un réseau d’égouts sophistiqué. Le domaine, ceint d’une enceinte de 20 hectares, était traversé par une voie en galets et un ruisseau intégré au système d’assainissement. Les fouilles ont aussi révélé des aires de rouissage du chanvre, attestant d’activités agricoles diversifiées.

La villa succède à une ferme gauloise aristocratique, transformée vers 40 av. J.-C. en résidence romaine selon des canons architecturaux romains (pierres maçonnées, tuiles, sols en mortier), tout en conservant une vaisselle gauloise, suggérant des propriétaires allobroges romanisés. Entre 15 apr. J.-C. et le Ve siècle, le site évolue en un palais luxueux — chauffage central, chapelle chrétienne au IVe siècle — malgré son emplacement marécageux peu propice. Son déclin intervient vers 450, après avoir résisté aux invasions et au déclin de l’Empire. Au Moyen Âge, une exploitation réduite et un cimetière paroissial lui succèdent, avec l’érection d’un château delphinal au XIIe siècle, aujourd’hui disparu.

Les premières découvertes remontent au XIXe siècle, lorsque le curé local signale des statues et mosaïques dans le cimetière. En 1967, des travaux révèlent un mur et une amphore contenant un squelette d’enfant, déclenchant des fouilles par des amateurs comme Roger Pinet, puis Aloys Dufourg dans les années 1970. Les campagnes scientifiques débutent en 1985, dirigées par Robert Royet (conservateur régional d’archéologie), avec des fouilles annuelles depuis 1995. Le site, géré par l’association AHASRJ, propose des visites guidées et un jardin expérimental romain depuis 2018, recréant cultures et techniques antiques (rucher, puits, variétés anciennes). En 2025, un pillage par détection de métaux est signalé.

Le Vernay se distingue par son isolement géographique — en bordure d’un marais de 50 hectares — et son luxe démesuré pour un domaine rural. Les hypothèses suggèrent un propriétaire aisé de Vienne ou Lyon, peut-être un marchand ou politicien, bien que son identité reste inconnue. Le site, proche de voies majeures vers Lyon et Vienne à l’Antiquité, illustre l’adaptation des élites gauloises aux modes de vie romains, combinant exploitation agricole (blé, orge, vigne) et symboles de prestige. Aujourd’hui, il se visite librement via un parcours pédagogique, avec des ateliers lors des Journées du patrimoine et de l’archéologie.

Les fouilles ont exhumé des traces de l’âge du bronze et de la vie gauloise, confirmant une occupation continue. La chapelle chrétienne du IVe siècle, intégrée à la villa, devient l’église paroissiale actuelle, entourée d’un cimetière médiéval. Le château delphinal (XIIe–XVe siècles), aujourd’hui ruiné, était adossé à l’église et entouré de douves. Abandonné au XVIe siècle, le site conserve seulement l’église, toujours en usage malgré son isolement. Les recherches actuelles, menées par des bénévoles sous la direction de Robert Royet, portent sur le mobilier archéologique (nettoyage, indexation) et des prospections locales.

Le jardin antique expérimental, inspiré des traités de Caton, Columelle et Pline l’Ancien, teste des cultures et techniques romaines (outils, puits, ruches en tronc ou paille). Ce projet pédagogique vise à reconstituer l’économie agricole du domaine, tout en sensibilisant le public. Les visites guidées, organisées deux fois par an (Journées du patrimoine, Rendez-vous aux jardins), incluent des ateliers pratiques. Le site, bien que pillé en 2025, reste un exemple remarquable d’adaptation culturelle et technique entre mondes gaulois et romain, dans un contexte rural atypique.

Liens externes