Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption de Nesle dans la Somme

Somme

Collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption de Nesle

    17 Boulevard des Remparts
    80190 Nesle

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1400
1500
1600
1900
2000
1021
Fondation de la collégiale
16 juin 1472
Massacre pendant le siège de Nesle
début XVe siècle
Restauration par Jeanne d’Amboise
1918
Destruction pendant la Grande Guerre
1930
Reconstruction par Gabriel Sibilot
années 1950
Réouverture après la Seconde Guerre mondiale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Hardouin de Croÿ - Seigneur et fondateur Fonda la collégiale en 1021.
Jeanne d’Amboise - Dame de Nesle Finança la restauration au XVe siècle.
Charles le Téméraire - Duc de Bourgogne Responsable du massacre de 1472.
Gabriel Sibilot - Architecte Reconstruisit la collégiale en 1930.

Origine et histoire

La collégiale Notre-Dame de Nesle, édifiée au XIe siècle en style roman, fut fondée par Hardouin de Croÿ en 1021 pour un chapitre de chanoines séculiers. Ce premier édifice marqua l’importance religieuse de Nesle, alors sous influence féodale, et reflétait les largesses des seigneurs locaux envers l’Église.

Au XVe siècle, l’église fut restaurée grâce à Jeanne d’Amboise, dame de Nesle, mais subit un épisode tragique en 1472 : lors du siège de la ville par les troupes de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, la population réfugée dans la collégiale fut massacrée. Le duc, entrant dans l’édifice couvert de cadavres, aurait lancé une phrase cynique sur la « belle boucherie » commise par ses soldats. Cet événement marqua durablement l’histoire de Nesle, déjà affaiblie par la destruction partielle de la ville.

La collégiale, partiellement reconstruite après 1472 avec un clocher déplacé faute de moyens, fut classée monument historique avant d’être déclassée après des travaux. Pendant la Première Guerre mondiale, en 1918, les Allemands firent exploser les explosifs entreposés dans sa crypte lors de leur repli, détruisant totalement l’édifice. Les Alliés venaient d’entrer dans Nesle quand l’explosion se produisit.

L’actuelle collégiale, construite en 1930 par l’architecte Gabriel Sibilot, reprend un plan basilical traditionnel avec une nef à bas-côtés, un transept saillant et un chœur à abside arrondie. Inspiré du style roman, l’édifice intègre une sacristie semi-enterrée évoquant l’ancienne crypte. Endommagé durant la Seconde Guerre mondiale, il ne rouvrit qu’aux années 1950.

Aujourd’hui, la collégiale abrite des éléments patrimoniaux rescapés, comme des pierres tombales classées en 1993 et une statue de saint Pierre du XVIe siècle, en chêne, classée en 2004. Cette statue, probablement utilisée pour des processions, représente l’apôtre assis en tenue pontificale, bien que partiellement endommagée.

Les sources historiques, comme les travaux de l’abbé Paul Decagny (1844) ou ceux de Camille Enlart (1923-1931), documentent son évolution architecturale et son rôle central dans la vie religieuse et sociale de Nesle, depuis le Moyen Âge jusqu’à sa reconstruction moderne.

Liens externes