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Maison forte de Choisel en Savoie

Savoie

Maison forte de Choisel

    430 Chemin de la Palette
    73170 Saint-Paul

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1263
Déclaration d'Aymon de Seyssel
XIIIe siècle
Construction initiale
XIVe siècle
Érection en vicomté
1432–1481
Possession partagée
1630
Ordre de défense
1793
Vente comme bien national
1794
Arasement des tours
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Aymon de Seyssel - Seigneur de Choisel (XIIIe siècle) Déclare tenir le fief de l'évêque.
Guigon de Seyssel - Seigneur d'Aiguebelette et Choisel (1350) Possessionné à Yenne.
Antoine de Seyssel - Vicomte de Choisel (1560) Épouse Marie de Lucinge.
Aynard de Seyssel - Vicomte et militaire (1602–1680) Défend Choisel en 1630.
Sébastienne-Pétronille de Seyssel - Dernière héritière (XVIIIe siècle) Tente de sauver le château.
Chevalier Perrin de Lépin - Propriétaire post-révolutionnaire Armes visibles à l'entrée.

Origine et histoire

La maison forte de Choisel, aussi appelée Choysel, est une construction médiévale du XIIIe siècle, profondément transformée aux XVe et XVIIIe siècles. Située à 900 mètres d’altitude sur un mamelon au nord-est du bourg de Saint-Paul (Savoie), elle fut le centre de la seigneurie de Choisel, érigée en vicomté au XIVe siècle. Ses vestiges, incluant un corps de logis et trois tours partiellement arasées en 1794, témoignent de son rôle défensif et résidentiel. La famille de Seyssel en fut propriétaire du XIIIe siècle jusqu’à la Révolution, marquant son histoire par des alliances, des héritages et des conflits liés à la souveraineté savoyarde.

À l’origine, le fief appartient à la famille de Seyssel, qui le détient de l’évêque de Belley et non du comte de Savoie, comme l’atteste Aymon de Seyssel en 1263. Au fil des siècles, la seigneurie passe entre les mains de plusieurs membres de cette lignée, dont Guigon de Seyssel (1350), Pierre de Seyssel (1390, vicomte de Novalaise), et Antoine de Seyssel (1560), qui épouse Marie de Lucinge, apportant le fief voisin de Malet. La maison forte est aussi partagée temporairement avec les frères Allamand (1432–1481) et Pierre Torchefellon (1503–1504), avant de revenir aux Seyssel.

Au XVIIe siècle, Aynard de Seyssel (1602–1680), vicomte de Choisel et militaire, hérite du domaine et y réside jusqu’à sa mort. Son testament de 1618 désigne son fils unique comme successeur. La maison forte, stratégiquement située, est impliquée dans les conflits franco-savoyards : en 1630, Aynard reçoit l’ordre de défendre la place lors d’une invasion française. Les derniers vicomtes, comme Charles-François de Seyssel (†1782), alternent entre Choisel et leur résidence hivernale à Yenne, avant que la Révolution ne marque un tournant.

La Révolution française entraîne la vente du château comme bien national en 1793, malgré les tentatives de Sébastienne-Pétronille de Seyssel (veuve de Charles-François) pour le préserver en faisant raser les tourelles. Accusée d’abriter des activités contraires à l’ordre public, elle voit le domaine confisqué. Au XIXe siècle, le château passe entre les mains du chevalier Perrin de Lépin, puis de la famille Bauds (1900) et enfin de Joseph Dullin (1945). Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges, dont le socle de la croix de justice et les armes du chevalier de Lépin à l’entrée.

Architecturalement, la maison forte combine un corps de logis et trois tours (deux en façade, une à l’arrière), remaniées avec des fenêtres à meneaux au XVe siècle et des ajouts au XVIIIe. Les tours, arasées en 1794, et la cour abritant les traces de la juridiction seigneuriale rappellent son passé judiciaire et noble. Le site, bien que dégradé, reste un témoignage des luttes de pouvoir en Savoie entre familles nobles, autorités ecclésiastiques et royauté française.

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