Achat du domaine 1862 (≈ 1862)
Jules-Félix Gévelot acquiert 500 ha.
1862-1864
Construction du château
Construction du château 1862-1864 (≈ 1863)
Travaux dirigés par Henri Amiard.
1869
Élection de Gévelot
Élection de Gévelot 1869 (≈ 1869)
Député de l’Orne.
1904
Décès de Gévelot
Décès de Gévelot 1904 (≈ 1904)
Au château de Dieufit.
26 juin 2012
Inscription MH
Inscription MH 26 juin 2012 (≈ 2012)
Façades, jardin et bâtiments protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures du château, ainsi que l'escalier de droite avec sa cage et ses vitraux, le décor de l'ancienne salle à manger y compris les tapisseries et les vitraux ; le jardin d'agrément avec ses murs de clôture ; les façades et les toitures de la maison de garde située à l'entrée ouest, de la maison du jardinier, du pavillon de garde situé à l'entrée est, du hangar à voitures sur caves voûtées à usage ancien de maréchalerie, charronnerie, pressoir ; les façades et les toitures des deux bâtiments à usage d'écurie à box et de porcherie/chenil ; la grille de clôture du pavillon de garde ainsi que les grilles de clôture du domaine (cad. YC 22, lieudit Dieufit) : inscription par arrêté du 26 juin 2012
Personnages clés
Jules-Félix Gévelot - Industriel et député
Propriétaire et commanditaire du château.
François-Gabriel Bertrand - Ancien maire de Caen
Vendeur du domaine en 1862.
Henri Amiard - Architecte flérien
Concepteur du château.
Origine et histoire
Le château de Dieufit, situé dans la commune de Bellou-en-Houlme (Orne, Normandie), est un édifice emblématique du 3e quart du XIXe siècle, construit entre 1862 et 1864 sous l’impulsion de l’industriel parisien Jules-Félix Gévelot. Ce dernier acquiert en 1862 un domaine de plus de 500 hectares auprès du maire de Caen, François-Gabriel Bertrand, pour y ériger une ferme « modèle » inspirée des principes d’organisation industrielle appliqués à l’agriculture. Les travaux, mobilisant jusqu’à 1 600 ouvriers dans un contexte de crise économique, transforment le site en un complexe agricole et résidentiel innovant, combinant logements patronaux, dortoirs pour le personnel, et bâtiments techniques (écuries, pressoir, charronnerie). Le château, conçu par l’architecte flérien Henri Amiard, incarne le style Second Empire, avec une séparation claire des espaces selon les classes sociales, tout en unifiant la structure.
Le domaine intègre des avancées techniques pour l’époque, comme un système de rails Decauville reliant ses différents éléments, et un décor architectural soigné : façades ornées de sculptures animales, lucarnes à baromètre, et intérieurs richement décorés (tapisseries, vitraux). La propriété, très populaire, contribue à la notoriété de Gévelot, élu député de l’Orne en 1869. À sa mort en 1904 au château, le site est progressivement divisé en deux propriétés distinctes. Depuis le 26 juin 2012, plusieurs éléments (château, jardin d’agrément, bâtiments agricoles, grilles) sont inscrits aux Monuments Historiques, témoignant de son importance patrimoniale.
L’architecture du château reflète une double vocation : résidence aristocratique et ferme productive. La façade sur jardin, particulièrement ouvragée, contraste avec les entrées fonctionnelles réservées au personnel. Les bâtiments annexes (maison du jardinier, écuries, hangar à voitures) soulignent l’ambition autarcique du domaine, conçu pour être à la fois un lieu de vie et un modèle d’exploitation agricole moderne. Aujourd’hui, le site reste une propriété privée, mais son inscription patrimoniale préserve son héritage industriel et architectural.
Le château de Dieufit illustre l’âge d’or des fermes-modèles en Normandie, où l’aristocratie et la bourgeoisie industrielle expérimentent des méthodes agricoles rationnelles. Son histoire est indissociable de celle de Jules-Félix Gévelot, figure majeure de l’industrialisation française, dont l’héritage perdure à travers ce domaine hybride, à la fois symbole de pouvoir économique et innovation sociale pour son époque.