Fondation de la société coopérative 24 décembre 1913 (≈ 1913)
Création de la cave par ses membres.
1914
Début des travaux
Début des travaux 1914 (≈ 1914)
Construction interrompue par la guerre.
1917
Achèvement de la couverture
Achèvement de la couverture 1917 (≈ 1917)
Toit en béton armé installé par Charpeil.
1920
Premiers agrandissements
Premiers agrandissements 1920 (≈ 1920)
Chai et extension droite construits.
19 novembre 2013
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 19 novembre 2013 (≈ 2013)
Protection de la partie originale (1914-1917).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancienne cave coopérative en totalité, à savoir la partie la plus ancienne construite entre 1914 et 1917 (cad. AB 943, cf plan annexé à l'arrêté) : inscription par arrêté du 19 novembre 2013
Personnages clés
Jules-Pierre Reverdy - Architecte
Concepteur du plan centré et innovant.
Julien Charpeil - Ingénieur
Réalisa la charpente en béton armé.
Président de la cave (1917) - Commanditaire
Obtint les fonds pour la couverture.
Origine et histoire
L’ancienne cave coopérative de Paziols, construite entre 1914 et 1917, est un édifice viticole remarquable par son plan architectural centré, conçu par Jules-Pierre Reverdy. Ce dernier, déjà auteur de la cave de Lézignan (1909), innove ici avec un carré aux angles abattus, une charpente en béton armé (système Hennebique) et un lanterneau central. La façade principale, dotée d’un avant-corps à étage, abrite une grande porte charretière surmontée d’un arc en plein cintre, donnant accès aux cuves organisées en couronne périphérique et en îlots centraux. Un chemin de fer Décauville y circule pour faciliter le transport des pressoirs et des marcs.
La construction, initiée en 1914 par la société coopérative fondée le 24 décembre 1913, est interrompue par la Première Guerre mondiale. Les murs sont achevés, mais les cuves et la couverture restent inachevées jusqu’en 1917, lorsque le président de la cave, en permission, obtient les fonds pour finaliser le toit en béton armé. Face à la pénurie de fer, il fait appel à Julien Charpeil, représentant de la société Hennebique à Toulouse, qui réalise la charpente selon un brevet protégé. Ce choix technique, dicté par la guerre, marque durablement l’identité du bâtiment.
Dès 1920, la cave, devenue trop exiguë, subit deux agrandissements majeurs : un chai adossé à gauche, et une extension à droite reprenant le plan initial, mais en plus grand. Reverdy et Charpeil collaborent à nouveau, utilisant une charpente métallique similaire à celle de la cave de Caramany (Pyrénées-Orientales). Les décennies suivantes voient d’autres aménagements (cuveries en 1959, 1963, 1964, et 1976), ainsi que la construction d’une unité d’embouteillage. Malgré des fusions et l’abandon partiel des locaux, le bâtiment, classé Monument Historique en 2013, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture industrielle viticole et des innovations techniques de l’époque.
L’édifice se distingue par son organisation spatiale : un vaisseau en étage de soubassement avec cuves périphériques et centrales, supportant des poteaux de fond qui soutiennent la charpente. Le chai adjacent, plus classique, présente un vaisseau longitudinal à deux rangées de cuves. Les quais, ajoutés ultérieurement, facilitent les opérations logistiques. La cave illustre ainsi l’évolution des techniques de vinification et l’adaptation aux contraintes économiques et historiques, tout en incarnant le patrimoine coopératif viticole du Languedoc.