Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Rauschenbourg dans le Bas-Rhin

Bas-Rhin

Rauschenbourg

    5 Rue du Rauschenbourg
    67340 Ingwiller

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1470
Construction du château
1551
Passage aux Leiningen-Westerburg
1669
Refuge du comte Ludwig Eberhard
28 novembre 1677
Prise par les Français
1702
Intégration à la ligne de la Moder
1817
Arasement des dernières ruines
milieu XVIIIe siècle
Destruction par incendie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Adolf Rusch - Fondateur et imprimeur Constructeur du château en 1470.
Johannes Mentelin - Imprimeur (légende locale) Beau-père de Rusch, lié à une étymologie erronée.
Salomé (veuve de Rusch) - Héritière et vendeuse Fille de Mentelin, vend le château en 1470.
Simund Wecker IV von Zweibrücken-Bitsch - Bailli et acquéreur Achat en 1470, famille éteinte en 1551.
Ludwig Eberhard von Leiningen - Comte réfugié S’y abrite en 1669 après la perte d’Oberbronn.
Jean-Baptiste de Règemorte - Ingénieur militaire Intègre le château à la défense de la Moder en 1702.

Origine et histoire

Le Rauschenbourg, aussi appelé Rauschenburg en allemand, était un château fort érigé en 1470 sur l’emplacement de l’ancienne commune de Gichwiller, aujourd’hui rattachée à Ingwiller dans le Bas-Rhin. Contrairement à une légende locale attribuant sa construction à Johannes Mentelin et l’invention de la typographie sur place, les archives confirment qu’il fut bâti par l’imprimeur Adolf Rusch. Le nom du château ne provient pas du bruit des presses (comme le suggère l’étymologie populaire liée au verbe rauschen, « résonner »), mais bien de son fondateur, Rusch, qui l’affirme dans ses écrits. Le site, stratégique, était entouré de douves alimentées par la Moder et protégé par des marécages, bien que dominé par la montagne du Sternberg.

À la mort d’Adolf Rusch, sa veuve Salomé — fille de Mentelin — vend le château en 1470 à Simund Wecker IV von Zweibrücken-Bitsch, bailli d’Ingwiller. Après l’extinction de cette lignée en 1551, le domaine passe aux comtes de Leiningen-Westerburg, qui en font un centre administratif et une résidence pour leur bailli local, ainsi qu’un relais de chasse occasionnel. Le Rauschenbourg conserve aussi un rôle défensif, servant de refuge à la famille comtale lors des troubles, comme pendant la guerre de Trente Ans. En 1669, le comte Ludwig Eberhard von Leiningen s’y réfugie après avoir fui son château d’Oberbronn, assiégé par le comte palatin. Ce dernier échoue à prendre le Rauschenbourg grâce à ses fortifications, mais les Français l’occupent et le saccagent en 1677, pendant la guerre de Hollande.

Au XVIIIe siècle, le château, déjà en ruine, est intégré en 1702 à la ligne de défense de la Moder par Jean-Baptiste de Règemorte, pendant la Guerre de Succession d’Espagne. Un document de 1734 le décrit comme « totalement ruiné », et un incendie achève de le détruire vers le milieu du siècle. Les dernières ruines sont arasées en 1817, et leurs pierres réutilisées pour d’autres constructions. Aujourd’hui, il n’en subsiste rien en surface, mais des plans du XVIIIe siècle et des descriptions permettent de reconstituer son architecture : un carré de 50 mètres de côté, entouré de douves maçonnées de 30 mètres de large, avec des tours aux angles et un logis central. Le site reste un lieu-dit portant son nom.

L’architecture du Rauschenbourg reflétait son double usage, résidentiel et militaire. Le château était accessible par un pont-levis à l’ouest, menant à une tour-porte, tandis que des tourelles et des tours semi-circulaires renforçaient ses angles. Les douves, approvisionnées par la Moder, et les marécages environnants compliquaient les sièges, bien que la proximité du Sternberg offrît un point de vue dominant aux assaillants. En 1704, une partie des courtines était déjà détruite, remplacée par des parapets sommaires. Les deux grandes tours nord, peut-être des écuries, avaient disparu avant cette date, mais le logis principal subsistait encore. La disparition progressive du château s’explique par son abandon après la guerre de Hollande et les dégâts subis lors des conflits ultérieurs.

Liens externes