Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Brax en Haute-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Haute-Garonne

Château de Brax

    4 Rue du Château
    31490 Brax
Château de Brax
Château de Brax
Château de Brax
Château de Brax
Château de Brax
Château de Brax
Château de Brax
Crédit photo : Didier Descouens - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1352
Donation et construction initiale
1582
Transformation en château de plaisance
1600
Séjour d’Henri IV
1784
Passage à la famille d’Hérisson
1930
Incendie du toit
1942–1945
Base de la Résistance
1946
Inscription aux Monuments Historiques
2022
Acquisition par la mairie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château : inscription par arrêté du 26 novembre 1946

Personnages clés

Arnaud de La Faya - Seigneur et fondateur Conçoit le premier château fortifié en 1352.
Françoise de Seysses - Seigneuresse du XVIe siècle Initie la transformation en résidence.
Jean de Polastron - Époux et co-bâtisseur Modernise le château avec Françoise de Seysses.
Henri IV - Roi de France Séjourne au château en 1600.
Suzanne de Polastron - Héritière du XVIIIe siècle Transmet le château aux d’Hérisson.
Jean-Louis Gilet - Architecte et propriétaire Dirige l’École des beaux-arts de Toulouse.

Origine et histoire

Le château de Brax, situé dans la commune du même nom en Haute-Garonne, est un monument emblématique de la transition entre le château fort médiéval et le château de plaisance de la Renaissance. Construit initialement au XIIIe siècle par Arnaud de La Faya après une donation du comte de L'Isle Jourdain en 1352, il servait à défendre la région contre les incursions anglaises, notamment celles du Prince Noir. L’édifice, entouré de murs crénelés et flanqué de quatre tours circulaires, reflétait alors une vocation purement défensive, complétée par le droit d’affouage accordé aux habitants pour se fournir en bois.

Au XVIe siècle, le château évolue vers une fonction résidentielle sous l’impulsion de Françoise de Seysses et son époux Jean de Polastron, qui y construisent un château de plaisance en 1582. Cette transformation s’inscrit dans un contexte de paix relative et de Renaissance, où les seigneurs privilégient le confort et l’esthétique. Henri IV y séjourne brièvement en 1600 lors d’une partie de chasse, marquant l’importance du domaine. Le corps de logis rectangulaire en brique, les tours couronnées de créneaux, et les faux mâchicoulis illustrent cette dualité entre héritage médiéval et innovations architecturales.

Le XVIIIe siècle voit le château passer aux mains de la famille d’Hérisson, avec Suzanne de Polastron qui l’apporte en dot à son mari en 1784. Le couple ajoute des communs et modernise le domaine, qui reste dans leur descendance jusqu’en 1849. Les modifications ultérieures, comme l’ajout d’un bâtiment en 1860 par la famille de Pins-Monbrun, altèrent partiellement son harmonie. Un incendie en 1930 endommage gravement la toiture, mal restaurée par la suite, tandis que le parc, remarquable par sa diversité végétale (cèdres, platanes, chênes), est préservé malgré les projets de transformation.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le château joue un rôle discret mais crucial : il abrite les services spéciaux de la Défense nationale et sert de base au réseau de résistance Morhange. Les sous-sols deviennent un lieu d’interrogatoire et d’exécution pour les ennemis capturés, avec plus de soixante-dix cadavres enterrés dans le parc. En 1942, des résistants y sont tués près d’une tour, rappelant les tensions de l’époque. Ces événements sombres contrastent avec son usage ultérieur, dédié à l’éducation et à la santé.

Après la guerre, le château change plusieurs fois de mains. En 1946, son inscription à l’inventaire des monuments historiques est motivée par la menace de destruction partielle de son parc. Dans les années 1950, l’architecte Jean-Louis Gilet, directeur de l’École des beaux-arts de Toulouse, en devient propriétaire jusqu’à sa mort en 1964. En 1967, l’ASEI (Association de sauvegarde des enfants invalides) acquiert le domaine pour y installer un institut spécialisé, aujourd’hui dédié aux adultes sourds-aveugles. Depuis 2022, la mairie de Brax en est propriétaire, assurant sa préservation.

Le parc du château, d’une superficie de 700 mètres sur 250, est traversé par le ruisseau de la Chauge et se divise en une zone boisée de 10 hectares et un espace arboré autour des bâtiments. Proche de la forêt de Bouconne, il abrite des essences rares comme un cèdre de l’Himalaya ou des platanes bicentenaires. En 2009, l’Office national des forêts en dresse un inventaire détaillé, soulignant sa valeur écologique et patrimoniale. Les dernières décennies ont vu des projets de vente et de restructuration, mais la mobilisation locale a permis de maintenir son intégrité.

Liens externes