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Aqueduc romain de Briord dans l'Ain

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Aqueduc gallo-romain
Patrimoine hydraulique

Aqueduc romain de Briord

    D19
    01470 Briord
Propriété de la commune ; propriété privée
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Aqueduc romain de Briord
Crédit photo : Chabe01 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200
300
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Antiquité
Construction de l'aqueduc
1550-1552
Premières visites attestées
1844
Destruction d'un ouvrage hydraulique
1853
Exploration par Alexandre Sirand
13 août 1900
Visite des abbés Marchand et Morgon
8 août 1904
Classement monument historique
1905-1906
Campagne de déblaiement
vers 1980
Découverte d'un fragment paléochrétien
2019
Modélisation numérique 3D
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Aqueduc romain : classement par arrêté du 8 août 1904

Personnages clés

Alexandre Sirand - Explorateur et mécène Premières fouilles en 1853, publication des graffitis.
Abbé Jacquand - Curé de Briord Organisa le dégagement partiel en 1900.
Abbé Frédéric Marchand - Archéologue et historien Étudia le tunnel, hypothèse sur la déviation.
Abbé Morgon - Historien local Participa à l'exploration de 1900.
Adrien Blanchet - Spécialiste des aqueducs romains Hypothèse sur la sinuosité volontaire du tunnel.
M. Chevelu - Responsable des travaux Dirigea le déblaiement complet en 1906.

Origine et histoire

L'aqueduc romain de Briord, aussi appelé aqueduc gallo-romain de Briarette, est un vestige antique remarquable situé dans le département de l'Ain, sur la commune de Briord. Ce monument, classé en 1904, se distingue par son tunnel-aqueduc long de près de 200 mètres, creusé dans une colline calcaire pour acheminer l’eau de la rivière Brivaz vers le vicus gallo-romain de Brioratensis. Seule sa partie souterraine est aujourd’hui connue, avec une entrée large de 2,7 mètres et une hauteur variable entre 1,6 et 2,7 mètres.

L’aqueduc captait l’eau de la Brivaz à Montagnieu, traversait la colline Saint-Didier, et aboutissait près de l’ancienne nécropole gallo-romaine des Plantées. Son tracé présente un coude à angle droit, interprété comme le point de rencontre des deux équipes de mineurs ayant creusé depuis chaque extrémité. La dénivellation de 32 mètres entre la prise d’eau et la sortie suggère une pente inhabituellement forte pour un aqueduc romain, avec des vestiges de blocs de pierre à l’emplacement de la prise d’eau, peut-être les restes d’un barrage ou d’un aménagement hydraulique.

Découvert au début du XXe siècle, le tunnel fut exploré pour la première fois en 1853 par Alexandre Sirand, qui y trouva des graffitis datant du XVIe siècle, témoignages de visites antérieures (Pingon 1550, Cointet 1552). En 1900, l’abbé Jacquand organisa un dégagement partiel du tunnel, permettant aux abbés Marchand et Morgon d’étudier sa structure. Classé monument historique en 1904, l’aqueduc bénéficia de subventions en 1905 pour son déblaiement complet, mené par M. Chevelu en 1906. Aucune inscription antique n’a été retrouvée, mais un fragment paléochrétien, réemployé ultérieurement, fut découvert vers 1980.

Les techniques de construction révèlent un creusement dans du calcaire compact, avec des traces de burin sur les parois indiquant un travail simultané depuis les deux entrées. L’abbé Marchand émit l’hypothèse que la déviation observée résulterait des tentatives des mineurs pour se localiser mutuellement, tandis qu’Adrien Blanchet suggéra une sinuosité volontaire pour réduire la force du courant. En 2019, un collectif de géomètres entreprit une modélisation numérique 3D de l’aqueduc, marquant une nouvelle étape dans son étude.

L’aqueduc illustre l’ingénierie romaine en matière d’adduction d’eau, adaptée ici à un relief accidenté. Son classement comme monument historique et les fouilles successives soulignent son importance patrimoniale, bien que son tracé aérien reste inconnu. Les vestiges accessibles aujourd’hui offrent un témoignage rare des techniques hydrauliques gallo-romaines dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Liens externes