Fondation de l’abbaye 1002 (≈ 1002)
Création par Wardrade Lorichès et Rixendis après pèlerinage.
1015
Consécration de l’abbaye
Consécration de l’abbaye 1015 (≈ 1015)
Par les évêques Grimoard d’Angoulême et Iso de Saintes.
1346 et 1434
Pillages pendant la guerre de Cent Ans
Pillages pendant la guerre de Cent Ans 1346 et 1434 (≈ 1434)
Par le comte de Derby puis les Anglo-Gascons.
1451-1476
Restauration par Henri de Courbon
Restauration par Henri de Courbon 1451-1476 (≈ 1464)
Fortification, logis abbatial et cloître reconstruits.
1666
Réforme mauriste
Réforme mauriste 1666 (≈ 1666)
Affiliation à la congrégation de Saint-Maur.
1677-1716
Reconstruction des bâtiments
Reconstruction des bâtiments 1677-1716 (≈ 1697)
Travaux dirigés par Coutareles pour Saint-Maur.
1880
Classement Monument historique
Classement Monument historique 1880 (≈ 1880)
Protection de l’église et des bâtiments conventuels.
1947-2012
Occupation par les frères missionnaires
Occupation par les frères missionnaires 1947-2012 (≈ 1980)
Restauration et vie religieuse jusqu’à 2012.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église Saint-Etienne : classement par arrêté du 10 décembre 1880 - Le bâtiment d'entrée : façades et toitures y compris le portail d'entrée ; galerie d'accès au cloître voûtée d'ogives ; cheminée du premier étage. Aire de l'ancien cloître y compris le sol des anciennes galeries. Façades et toitures des trois corps de bâtiment entourant l'aire du cloître y compris la terrasse sur jardin de l'aile sud. Escalier des ailes est, ouest et sud. Salle dite des boiseries dans l'aile sud. Salle dite de l'ancienne prison avec sa cheminée en pierre au rez-de-chaussée de l'aile est. Ancien jardin des Moines (cad. E 219 à 221, 223, 225 à 227) : classement par arrêté du 27 juin 1983 - Bâtiments correspondants à l'ancien logis abbatial et aux anciens chais, avec les murs d'enceinte et les portails, ainsi que l'un des jardins de cette abbaye (cad. E 222) et le sol des parcelles sur lesquelles ces éléments sont situés (cad. E 218, 222, 224, 228 à 233) : inscription par arrêté du 4 décembre 1995 - Le logis abbatial, ainsi que le sol de la parcelle sur laquelle il est situé (cad. E 225) : inscription par arrêté du 18 mai 2012
Personnages clés
Wardrade Lorichès - Fondateur et comte de la Marche
Créa l’abbaye en 1002 avec son épouse.
Rixendis - Fondatrice et épouse de Wardrade
Enterrée dans l’abbaye avec son mari.
Guillaume de Vibrac - Abbé (1247-1286)
Reconstruit l’église au XIIIe siècle.
Henri de Courbon - Abbé (1451-1476)
Restaura et fortifia l’abbaye après 1434.
Frère Jean Lacoste - Sculpteur convers (fin XVIIe)
Auteur des stalles et retables baroques.
Édouard Warin - Architecte départemental (XIXe)
Dirigea la restauration de 1871.
Origine et histoire
L’abbaye Saint-Étienne de Bassac, située à Bassac en Charente, fut fondée en 1002 par Wardrade Lorichès, comte de la Marche et seigneur de Jarnac, et son épouse Rixendis, à leur retour d’un pèlerinage à Rome. La charte de fondation, signée en présence de Guillaume Taillefer, comte d’Angoulême, atteste de la donation de terres, forêts et droits seigneuriaux. L’abbaye, dédiée à Notre-Dame, saint Étienne et les apôtres Pierre et Paul, fut consacrée vers 1015 par les évêques Grimoard d’Angoulême et Iso de Saintes. Elle devint un monastère bénédictin prospère, dirigé initialement par l’abbé Aymard et vingt moines venus de l’abbaye Saint-Cybard.
Au fil des siècles, l’abbaye connut des périodes tumultueuses. Rattachée à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély en 1092, elle retrouva son autonomie en 1246. Pendant la guerre de Cent Ans, elle fut pillée à deux reprises : en 1346 par le comte de Derby, puis en 1434 par les troupes anglo-gasconnes, entraînant la dispersion des moines et des villageois. L’abbé Henri de Courbon (1451-1476) entreprit sa restauration, fortifiant les murs, reconstruisant le logis abbatial et le cloître. Au XVIe siècle, les guerres de Religion aggravèrent ses dommages : pillée par les protestants en 1564, puis assiégée par les catholiques en 1569 lors de la bataille de Jarnac.
Le XVIIe siècle marqua un renouveau sous l’impulsion des prieurs dom Étienne et Raymond Hillayret. En 1636, l’abbaye, alors en ruines (voûtes effondrées, cloître détruit, offices célébrés dans une chapelle latérale), fut affiliée à la congrégation bénédictine de Saint-Maur en 1666. Les travaux de reconstruction, menés par l’architecte Coutareles de 1677 à 1716, restaurèrent l’église, les bâtiments conventuels et le sanctuaire. Les stalles et retables, sculptés par le frère Jean Lacoste (1699-1700), et les décors muraux achevés en 1730 par Girouard et Tournier, en font un ensemble mobilier religieux exceptionnel. La Révolution française entraîna la vente des bâtiments comme biens nationaux, transformant l’abbatiale en église paroissiale.
Au XIXe siècle, l’architecte Édouard Warin dirige d’importantes restaurations (1871), remplaçant notamment les chapiteaux de la nef par des sculptures historicistes. En 1947, la congrégation des frères missionnaires de Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus rachète les lieux, les restaurant jusqu’en 2012. Classée Monument historique dès 1880, l’abbaye allie aujourd’hui héritage médiéval (clocher roman, église gothique) et transformations mauristes. Son cloître, détruit en 1820, et ses bâtiments conventuels du XVIIe siècle témoignent de son évolution architecturale et spirituelle.
L’église abbatiale, de plan rectangulaire à chevet plat, conserve des éléments romans (portail occidental) et gothiques (voûtes bombées, baies flamboyantes). Le clocher, partiellement roman, est surmonté d’une flèche conique du XIIIe siècle. Les sépultures des fondateurs, Wardrade et Rixendis, subsistent sous un arceau près du jubé. Les échauguettes du XVe siècle, ajoutées pour la défense, et les retables baroques illustrent les adaptations successives du monument. En 2015-2016, l’abbaye accueillit une Porte de la Miséricorde dans le cadre du Jubilé proclamé par le pape François.
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