Construction de l'immeuble 1885 (≈ 1885)
Après prolongement du boulevard Saint-Germain.
1902
Ouverture du bouillon Chartier
Ouverture du bouillon Chartier 1902 (≈ 1902)
Installation en rez-de-chaussée par la famille Chartier.
1920
Reprise par M. Vagenende
Reprise par M. Vagenende 1920 (≈ 1920)
Changement de propriétaire et de nom.
9 décembre 1983
Classement monument historique
Classement monument historique 9 décembre 1983 (≈ 1983)
Protection de la façade et du décor intérieur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La devanture et les décors intérieurs (cad. 06 : 02 AK 35) : classement par arrêté du 12 octobre 1995
Personnages clés
M. Vagenende - Propriétaire (à partir de 1920)
Reprend le bouillon et lui donne son nom.
Famille Chartier - Fondateurs du réseau de bouillons
Propriétaires initiaux, pionniers des bouillons parisiens.
Origine et histoire
L’immeuble abritant l’ancien bouillon Chartier (actuel restaurant Le Vagenende) est construit en 1885 sur le boulevard Saint-Germain, peu après son prolongement. En 1902, un bouillon Chartier s’y installe en rez-de-chaussée, reprenant les codes architecturaux Art nouveau chers à la famille Chartier, déjà propriétaire d’autres établissements parisiens comme le Bouillon Racine ou celui du Faubourg-Montmartre. Le décor intérieur, marqué par des boiseries ciselées, des miroirs biseautés et des motifs végétaux en fer forgé, reflète l’influence d’Hector Guimard et le savoir-faire des artisans de l’époque.
En 1920, le bouillon est repris par M. Vagenende, donnant son nom actuel au lieu. La qualité exceptionnelle de son décor d’origine, typique de l’Art nouveau parisien, motive son inscription aux monuments historiques en 1983, couvrant la façade et les salles avec leur mobilier. Contrairement à d’autres bouillons Chartier, ce site conserve une trace tangible de l’âge d’or des restaurants populaires, où se mêlaient ouvriers, étudiants et employés de la Sorbonne voisine.
Le bâtiment illustre l’évolution des pratiques alimentaires urbaines au début du XXe siècle, lorsque les bouillons — lieux de restauration économique — jouaient un rôle social majeur. Ces établissements offraient des repas à prix modérés dans un cadre esthétique soigné, démocratisant l’accès à une architecture et un design jusqu’alors réservés aux élites. Leur déclin progressif après les années 1920 coïncide avec la transformation des modes de vie et la disparition des réseaux de bouillons familiaux comme celui des Chartier.
Aujourd’hui, le restaurant Le Vagenende perpétue cette tradition culinaire et patrimoniale, tout en témoignant de l’adaptation des lieux historiques aux usages contemporains. Son classement protège un ensemble architectural rare, où se superposent mémoire ouvrière, art décoratif et histoire de la gastronomie parisienne.
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