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Ancien évêché à Angoulême en Charente

Ancien évêché

    23 Rue de Friedland
    16000 Angoulême
Propriété de la commune
Crédit photo : Nicrid16 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1900
2000
4e quart XVe siècle
Construction de l'évêché
1920
Installation du musée
1925
Protection partielle
1979-1983
Première modernisation
2002-2008
Réaménagement complet
2016
Accès payant
2023
Projet Anada
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le mur Nord sur la rue Friedland : inscription par arrêté du 4 mars 1925

Personnages clés

Jules Lhomme - Médecin et collectionneur Lègue 3 000 œuvres africaines en 1934.
Julien-Léopold Lobin - Maître-verrier (hypothèse) Auteur présumé des vitraux (1833-1834).
Stéphane Barbotin-Larrieux - Architecte Dirige la rénovation (2002-2008).
Paul Gresham - Architecte Co-responsable des travaux modernes.
François Rainguet - Peintre donateur Premier legs artistique en 1838.
Émilie Salaberry - Directrice des musées Pilote le projet Anada depuis 2023.

Origine et histoire

L’ancien évêché d’Angoulême, construit au 4e quart du XVe siècle, est un monument emblématique du centre historique de la ville. Depuis 1920, il accueille le musée des Beaux-Arts (anciennement musée d’Angoulême), labellisé musée de France. Le bâtiment, modernisé entre 1979-1983 puis 2002-2008, conserve des éléments médiévaux comme une chapelle à voûte ogivale et des vitraux du XIXe siècle, dont certains signés du maître-verrier tourangeau Julien-Léopold Lobin (hypothèse). L’entrée principale, déplacée vers le square Girard II, offre une vue sur la cathédrale Saint-Pierre.

Le musée présente des collections variées réparties sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée abrite des vestiges archéologiques et paléontologiques, dont des squelettes d’aurochs, des outils préhistoriques (bifaces, pointes de flèches) et un casque gaulois en fer et bronze découvert à Agris (IVe siècle av. J.-C.). Le premier étage est dédié à l’art africain et océanien, avec 3 000 pièces léguées en 1934 par le Dr Jules Lhomme, incluant masques, statuettes et objets rituels. Le second étage expose des peintures (XVIe-XXe siècles), des sculptures et des armes, issues de legs comme celui du peintre François Rainguet (1838).

La chapelle de l’évêché, conservée intacte, possède des vitraux représentant saint Ausonius, la Vierge à l’Enfant (1833) et saint Hilaire (1834). Ces œuvres, attribuées à l’atelier Lobin de Tours, illustrent l’art religieux du XIXe siècle. Le musée participe depuis 2023 au projet Anada, visant à inventorier les collections subsahariennes de six musées de Nouvelle-Aquitaine, dans un contexte de décolonisation des arts. Certaines pièces, acquises lors de campagnes militaires ou de traite négrière, pourraient faire l’objet de restitutions.

L’ancien évêché est partiellement protégé : son mur Nord (rue Friedland) est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1925. Le bâtiment, propriété de la commune, a été réaménagé par les architectes Stéphane Barbotin-Larrieux et Paul Gresham lors des travaux des années 2000. Depuis 2016, l’accès aux collections est payant. Le musée collabore avec des chercheurs africains (Mali, Burkina Faso, Côte d’Ivoire) pour étudier la provenance de ses œuvres, s’appuyant sur l’inventaire établi par Jules Lhomme.

Le site s’inscrit dans un réseau muséal local, aux côtés du musée archéologique, du musée de la Résistance et du musée du Papier. Son histoire reflète les évolutions de la ville, de l’époque médiévale (art roman, fortifications) à la période contemporaine, marquée par des enjeux patrimoniaux et postcoloniaux. Les collections, enrichies par des fouilles départementales, offrent un panorama de 500 000 ans d’histoire charentaise, des Néandertaliens aux artistes modernes.

Liens externes