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Ancien monastère Saint-Antoine

Ancien monastère Saint-Antoine

    91 Rue Bébian
    97100 Basse-Terre
Propriété d'une association diocésaine
Ancien monastère Saint-Antoine
Ancien monastère Saint-Antoine
Ancien monastère Saint-Antoine
Ancien monastère Saint-Antoine
Crédit photo : Aristoi - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1897
Fondation du monastère
13 juin 1897
Bénédiction du monastère
1913
Restauration du bâtiment
1985
Fermeture comme maison de retraite
4 mai 2007
Inscription aux Monuments historiques
7 octobre 2021
Destruction par incendie
21 octobre 2024
Radiation des Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Clément Soulé - Évêque de Basse-Terre (1893-1899) Commanditaire du monastère en 1897.
Fabrique Saint-François - Organisme religieux local Propriétaire du terrain et financeur.
Congrégation Saint-Vincent-de-Paul - Association caritative diocésaine Gestionnaire depuis ~80 ans.

Origine et histoire

L’ancien monastère Saint-Antoine, situé à Basse-Terre en Guadeloupe, fut fondé en 1897 à l’initiative de l’évêque Clément Soulé et de la fabrique Saint-François. Ce monument en bois, organisé autour d’une cour carrée, abritait une chapelle et douze pièces destinées à accueillir des personnes nécessiteuses. Il palliait les insuffisances des hospices locaux, offrant un refuge aux plus démunis, notamment des retraitées sans ressources jusqu’en 1985. Son architecture, typique des Antilles, combinait des façades en bois peint, un soubassement en maçonnerie et un toit en tôle, reflétant les techniques locales adaptées au climat tropical.

Le monastère, inscrit aux Monuments historiques en 2007 pour ses façades, sa chapelle et son bassin central, fut détruit par un incendie en octobre 2021. Seul subsistent aujourd’hui la statue de Saint-Antoine de Padoue et son bassin, témoins de son passé charitable. Géré par la Congrégation Saint-Vincent-de-Paul, il incarnait un modèle unique d’établissement caritatif aux Antilles, mêlant assistance sociale et vie communautaire. Les pensionnaires, souvent des femmes âgées, y cultivaient des plantes médicinales dans un jardin attenant, vendues pour subvenir à leurs besoins.

La construction du monastère en 1897 répondait à un besoin urgent d’accueil pour les nouveaux libres après l’abolition de l’esclavage en 1848, période où les structures existantes, comme l’hospice de Basse-Terre, s’avéraient insuffisantes. Le bâtiment, restauré en 1913, adopta un plan en U avec une chapelle centrale ornée d’une statue du saint patron, symbolisant sa vocation religieuse et sociale. Son architecture, fragile face aux intempéries, illustrait aussi la vulnérabilité des constructions en bois dans les îles, aujourd’hui largement disparues au profit de matériaux plus durables.

L’incendie de 2021 marqua la fin définitive de ce lieu, déjà radié des Monuments historiques en 2024 en raison de sa destruction. Le monastère Saint-Antoine reste cependant un symbole de la solidarité communautaire en Guadeloupe, porté par des associations diocésaines perpétuant son héritage. Son histoire reflète aussi l’évolution des pratiques caritatives, passant d’un accueil collectif dans des cellules partagées à des chambres individuelles, adaptées aux besoins changeants de la population locale.

La localisation du monastère, à proximité de la cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe, soulignait son ancrage dans le tissu urbain et religieux de Basse-Terre. Les rues environnantes, comme la rue de l’Historien-Lacour, conservaient un mélange de cases modestes et de maisons bourgeoises, témoignant de la diversité sociale de l’époque. Ce contexte urbain, aujourd’hui en mutation, rappelle l’importance historique des établissements charitables dans l’organisation des villes antillaises au XIXe siècle.

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