Frise chronologique
1665
Fondation de la manufacture
Fondation de la manufacture
1665 (≈ 1665)
Création par Colbert et Josse Van Robais.
1709-1713
Construction des bâtiments actuels
Construction des bâtiments actuels
1709-1713 (≈ 1711)
Regroupement des ateliers en un seul site.
1724
Apogée de la manufacture
Apogée de la manufacture
1724 (≈ 1724)
3 000 ouvriers employés, exportations européennes.
1790
Transformation en société privée
Transformation en société privée
1790 (≈ 1790)
Devenue Van Robais, Amelin et Cie.
1804
Rachat par Michel Grandin
Rachat par Michel Grandin
1804 (≈ 1804)
Devenue Manufacture de draps fins.
1867
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1867 (≈ 1867)
Fin de la production après 200 ans.
1984-1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1984-1986 (≈ 1985)
Protection des façades et du pigeonnier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des ailes de magasins de la cour du pigeonnier ; le pigeonnier (cad. AP 99, 100) : inscription par arrêté du 28 décembre 1984 ; Façades et toitures de la maison de maître et des deux ailes d'ateliers ; le portail d'entrée et les deux pavillons (cad. AP 312) : classement par arrêté du 20 mars 1986
Personnages clés
| Jean-Baptiste Colbert - Ministre de Louis XIV |
Initiateur de la manufacture en 1665. |
| Josse Van Robais - Fondateur et fabricant hollandais |
Installé à Abbeville pour diriger la manufacture. |
| André van Robais - Dirigeant de la manufacture |
S'associe à Amelin en 1790. |
| Louis Nicolas Amelin - Négociant et associé |
Partenaire en 1790 pour sauver l'entreprise. |
| Michel Grandin - Manufacturier et repreneur |
Rachète la manufacture en 1804. |
| Jean Antoine Vayson - Dernier propriétaire des tapis |
Fermeture définitive de l'activité en 1912. |
Origine et histoire
La Manufacture royale de draps d'Abbeville, dite Manufacture des Rames, fut fondée en 1665 à l'initiative de Colbert. Ce dernier invita Josse Van Robais, un fabricant de draps et tapisseries hollandais, à s'installer en France avec des aides financières. La manufacture, spécialisée dans les draps de luxe, devint rapidement l'un des plus grands établissements industriels de son époque, employant jusqu'à 3 000 ouvriers à son apogée vers 1724. Ses productions étaient exportées vers les cours européennes.
Le bâtiment actuel, construit entre 1709 et 1713, centralisa les ateliers dispersés dans la ville. Son portail monumental, de style Louis XVI, est orné de motifs évoquant le commerce maritime et la Toison d'Or. La manufacture connut des difficultés financières pendant la Révolution française, conduisant à sa transformation en société privée (Van Robais, Amelin et Cie) avant d'être rachetée en 1804 par Michel Grandin, puis par Jean-Baptiste Randoing.
L'activité déclina après le traité de libre-échange avec l'Angleterre en 1860, et la production cessa définitivement en 1867. Les bâtiments furent repris par une manufacture de tapis, qui ferma en 1912. Aujourd'hui, le site est aménagé en logements. La manufacture illustre l'histoire industrielle française, marquée par des innovations techniques et des défis économiques, notamment la mécanisation au XIXe siècle et la concurrence étrangère.
Les Van Robais, famille protestante, bénéficiaient d'une autorisation spéciale pour pratiquer leur culte, malgré les restrictions de l'époque. Leur entreprise employait non seulement des ouvriers en atelier, mais aussi plus de 10 000 travailleurs à domicile, selon l'historienne Odile Castel. Ce modèle préfigurait les grandes manufactures privées modernes.
Classée Monument Historique, la manufacture conserve des éléments architecturaux remarquables, comme le pigeonnier, les façades des ateliers et le logement patronal. Ces vestiges témoignent de son importance économique et sociale, ainsi que de son adaptation aux évolutions industrielles, depuis la production artisanale jusqu'à la mécanisation.