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Aqueduc en Charente-Maritime

Aqueduc
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Aqueduc
Aqueduc
Crédit photo : Jack ma - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
500
1800
1900
2000
70–120 ap. J.-C.
Extension de l’aqueduc
vers 20 ap. J.-C.
Construction initiale
IVe siècle
Abandon du système
1840
Classement Monument Historique
1968
Tracé complet par Abel Triou
2010
Découverte d’un troisième aqueduc
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Aqueduc : classement par liste de 1840

Personnages clés

Abel Triou - Archéologue A établi le tracé complet en 1968.
Bernard Bourgueil - Archéologue (SAHCM) Relance les fouilles en 2003.
M. Bailhache - Expert en hydraulique Estime les débits en 1979.
Jean-Louis Hillairet - Archéologue (Inrap) Découvre le troisième aqueduc en 2010.

Origine et histoire

L’aqueduc romain de Saintes, dont une section se trouve au Douhet (Charente-Maritime), fut édifié en deux phases majeures : la première vers l’an 20 sous les Julio-Claudiens, et la seconde entre 70 et 120 pour répondre à l’expansion démographique de la ville. Cet ouvrage hydraulique, long de plusieurs kilomètres, approvisionnait en eau potable les thermes (Saint-Vivien, Saint-Saloine) et les fontaines publiques de Mediolanum Santorum (Saintes), grâce à un réseau de canalisations en pierre taillée, partiellement souterrain.

Les sources principales, encore actives aujourd’hui, étaient celles de Font Morillon (Fontcouverte) et de la Grand Font du Douhet, dont les eaux étaient captées et acheminées par gravité via des galeries voûtées ou des ponts-canaux. La pente, inférieure à 1 mm par mètre, permettait un écoulement régulier malgré la faible dénivellation. Une troisième phase, découverte en 2010, n’est pas encore datée. L’aqueduc cessa d’être utilisé au IVe siècle, et ses pierres furent réemployées pour d’autres constructions.

Les vestiges visibles incluent deux piles du pont-canal, des sections souterraines accessibles, et des bases de piles. Les canalisations, de section en U ou carrée (30 à 60 cm de profondeur), étaient adaptées pour maintenir un débit constant malgré les dépôts calcaires accumulés au fil des siècles. Des tunnels creusés dans la roche et des dalots à ciel ouvert complétaient le système. Un tronçon de canalisation est exposé au musée archéologique de Saintes, tandis que des fouilles récentes (depuis 2003) visent à restaurer et ouvrir le site au public.

Les recherches archéologiques, initiées dès le XVIIIe siècle, ont été marquées par les travaux d’Abel Triou (tracé complet en 1968) et de Bernard Bourgueil (fouilles depuis 2003). En 2013, la salle voûtée de Font Morillon, éboulée, a été redécouverte, révélant un bassin de rétention semi-circulaire de 3 m de diamètre. Les sources, exploitées depuis la protohistoire, furent agrandies par les Romains et réutilisées au Moyen Âge pour alimenter des moulins et des lavoirs.

Classé Monument Historique dès 1840, l’aqueduc est aujourd’hui géré par un comité de pilotage regroupant communes, associations et institutions (DRAC, SAHCM) pour sa préservation. Son tracé, longé par la N150, suit un axe nord-est/sud-ouest, avec des fragments disparus entre la N141 (voie d’Agrippa) et la Charente. Les estimations de débit, établies en 1979 par M. Bailhache, montrent une réduction progressive de la capacité due aux dépôts alluvionnaires.

L’ouvrage illustre l’ingénierie romaine en Saintonge, combinant innovation hydraulique et adaptation au relief. Son abandon au IVe siècle coïncide avec le déclin des infrastructures urbaines de Saintes, bien que les sources aient continué à être exploitées localement. Les lavoirs des XVIIIe–XIXe siècles, accolés aux sources, témoignent de leur usage post-antique.

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