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Château de Cazilhac dans l'Hérault

Hérault

Château de Cazilhac

    2 Hameau de Taillevent
    34650 Le Bousquet-d'Orb

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
851
Première mention de l'abbaye de Joncels
XIIe–XIIIe siècle
Construction de la maison forte
1370
Pillage pendant la Guerre de Cent Ans
1348 et 1465
Épidémies de peste
1512
Achat par la famille de Peyrottes
1627
Destruction pendant les guerres de religion
1851
Construction de l'aqueduc
9 avril 1987
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Pépin II - Roi d'Aquitaine Cite l'abbaye de Joncels en 851
Famille de Peyrottes - Seigneurs de Cazilhac (XVIe–XVIIIe) Reconstruction après 1512 et 1627
Duc de Montmorency - Gouverneur du Languedoc Ordonne la destruction en 1627
Michel Chevalier - Économiste et propriétaire (XIXe) Modernise domaine et construit aqueduc
Paul Leroy-Beaulieu - Économiste et gendre de Chevalier Hérite du château en 1879

Origine et histoire

Le château de Cazilhac trouve ses origines au haut Moyen Âge, lorsque l'abbaye de Joncels, fondée dès 851, érige une maison forte sur un éperon rocheux pour surveiller la vallée de l'Orb. Cet édifice, construit entre les XIIe et XIIIe siècles, servait à protéger les cultures viticoles développées par les moines. La position stratégique du site, sur la Via Tolosane menant à Compostelle, en faisait un point de contrôle clé dans la région.

Pendant la Guerre de Cent Ans (XIVe siècle), le château subit pillages et destructions par les grandes compagnies, tandis que les épidémies de peste (notamment en 1348 et 1465) achèvent de dégrader le site. En 1512, la famille de Peyrottes acquiert Cazilhac et le reconstruit au XVIe siècle, élevant le domaine au rang de seigneurie. Cependant, les guerres de religion marquent un tournant violent : en 1627, le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, ordonne sa destruction.

Les Peyrottes entreprennent une reconstruction immédiate, conservant le château jusqu’à la Révolution. En 1790, le domaine est rattaché à Camplong, puis en 1844 à la nouvelle commune de Saint-Martin-d’Orb (devenue Le Bousquet-d’Orb). Au XIXe siècle, l’économiste Michel Chevalier, propriétaire influent, modernise l’exploitation viticole en y ajoutant un aqueduc monumental (1851), capable d’acheminer 2 500 litres d’eau par minute. À sa mort, son gendre Paul Leroy-Beaulieu hérite du château, perpétuant son lien avec les élites intellectuelles.

Architecturalement, le château mêle vestiges médiévaux (tours carrées, bases de baies) et aménagements Renaissance, avec un toit de tuiles creuses et des jardins en terrasse offrant une vue imprenable sur la vallée. L’aqueduc, construit en calcaire et moellons, témoigne des innovations techniques du XIXe siècle. Classé monument historique en 1987, le site est aujourd’hui ouvert au public pour ses jardins et sa cour.

Le château illustre ainsi près de neuf siècles d’histoire, des moines de Joncels aux familles aristocratiques et aux économistes libéraux, tout en incarnant les mutations agricoles et défensives du Languedoc. Son inscription au patrimoine souligne à la fois sa valeur architecturale et son rôle dans l’histoire locale.

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