Origine et histoire du Château de Bionnay
Le château de Bionnay, implanté sur la commune de Lacenas à l’ouest de Villefranche-sur-Saône (département du Rhône), est un édifice dont l’histoire est marquée par une succession de familles nobles. Dès la première moitié du XVIe siècle, les Marzé en sont les premiers seigneurs attestés, suivis par les Gaspard dans la seconde moitié du même siècle. Claude et Jean de Gaspard, membres de cette lignée, incarnent cette période de transition.
En 1611, Amable Thierry acquiert le domaine. Sa fille Marie, dame de Bionnay et de Vaux, épouse en 1643 Jean de Champier, baron de Juis et bailli du Beaujolais, consolidant ainsi les liens entre la seigneurie et les élites locales. Louis Mabiez devient seigneur en 1656, avant qu’Antoine de Monspey, chevalier puis comte de Vallière, n’hérite du fief en 1661. Son mariage avec Jeanne Charlotte de Champier Rabutin en 1678, puis la transmission du domaine à leur fils Joseph-Henri (capitaine de dragons) en 1726, illustrent la pérennité aristocratique du lieu.
Le XVIIIe siècle marque un tournant avec l’acquisition du château par Alexis Noyel de Belleroche en 1749, qui constate son état de dégradation avancée : « Tous les murs ont besoin d'être remaillés, celui de la galerie du côté du matin est prêt à tomber dans le jardin ». Les transformations architecturales s’accélèrent aux XVIIIe et XIXe siècles, donnant au château sa structure actuelle en « U », composée d’un corps de logis (1830) encadré de tours polygonales et d’une aile datée du Second Empire. Une tourelle, une tour découronnée et une tour d'angle subsistent de la construction originelle.
Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains : M. Thivel en 1857, Félix Fournier en 1902, puis la famille Targe en 1934. La fin du siècle voit une renaissance culturelle avec Morgane Rousseau, qui y fonde en 1995 une résidence d’artistes dédiée à l’art contemporain. En 1999, Erick Roizard, propriétaire du groupe Poliphile, restaure le domaine, y installe une filiale éditoriale (« Les Editions de Bionnay ») et crée des jardins labellisés Jardin remarquable en 2011.
Le parc, s’étendant sur quatre hectares, allie un jardin à la française, une grotte et des espaces thématiques dédiés à la rose. Les armoiries des Monspey (« d'argent, à deux chevrons de sable ; au chef d'azur »), accompagnées de leur devise « j'en rejoindray les pièces », rappellent l’héritage héraldique du lieu. Aujourd’hui, le château incarne à la fois un patrimoine architectural préservé et un pôle dynamique de création artistique.