Patrimoine classé
Les façades et toitures des anciens communs constituant actuellement les immeubles situés numéros 1, 2, 2bis, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10 (avec retour sur avenue Stanislas) (cad. AB 287, 345, 346, 280, 348, 274, 273, 349, 350) : classement par arrêté du 5 juin 1972
Personnages clés
|
|
|
| Robert II |
Seigneur de Commercy ayant fait reconstruire partiellement le château au XVe siècle. |
| Cardinal de Retz |
Propriétaire du château au début du XVIIe siècle, il en fait sa résidence. |
| Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont |
Comte qui acquit la principauté et fit construire le château baroque. |
| Nicolas d'Orbay |
Architecte ayant conçu le château baroque. |
| Léopold Durand |
Bénédictin ayant dressé les plans du château baroque. |
| Élisabeth-Charlotte d'Orléans |
Duchesse douairière ayant administré la principauté et fait du château sa résidence. |
| Stanislas Leszczynski |
Duc de Lorraine ayant fait du château une de ses résidences favorites. |
| Voltaire |
Philosophe ayant séjourné au château. |
| La marquise du Châtelet |
Femme de lettres ayant séjourné au château. |
| Jean-François de Saint-Lambert |
Poète ayant séjourné au château. |
| Madeleine Paulmier |
Personnalité à qui est attribuée l'origine de la madeleine de Commercy. |
| Françoise de Graffigny |
Femme de lettres ayant visité Commercy et décrit la vie du château dans ses lettres. |
| Emmanuel Héré |
Architecte ayant transformé le château sous Stanislas. |
Origine et histoire du Château de Commercy
Le château de Commercy, situé sur une éminence dominant la Meuse, occupe l'emplacement d'un ancien château fort du XIIIe siècle. Partiellement reconstruit au XVe siècle pour Robert II, seigneur de Commercy, il conserve des soubassements médiévaux réemployés lors d'une transformation au début du XVIIe siècle par le cardinal de Retz, qui en fit sa résidence. En 1708, le comte Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont acquit la principauté et fit élever, sur les vestiges médiévaux, un vaste château de style baroque réalisé par l'architecte Nicolas d'Orbay; les plans furent dressés par le bénédictin Léopold Durand, inspiré par Germain Boffrand, en préservant les bases des tours rondes anciennes. Le domaine passa ensuite à Léopold Ier puis à son fils François III ; après la concession de la Lorraine et du Barrois à Stanislas Leszczynski, la duchesse douairière Élisabeth-Charlotte d'Orléans administra la principauté et fit du château sa résidence jusqu'à sa mort en 1744. À la mort d'Élisabeth-Charlotte, le château revint à Stanislas, qui en fit une de ses résidences favorites et y reçut une cour plus détendue que celle de Lunéville ; Voltaire, la marquise du Châtelet et Jean‑François de Saint‑Lambert y séjournèrent, et la tradition attribue à Madeleine Paulmier, en 1755, l'origine du gâteau qui porte le nom de la madeleine de Commercy. Stanislas fit aménager des annexes comme le « château d'eau » au bord de la Meuse et la « fontaine royale » en forêt, mais à sa mort en 1766 la Lorraine et le Barrois furent annexés au royaume de France et le roi Louis XV ordonna l'abandon du château ; ses abords furent transformés en quartier de cavalerie de 1767 à 1927, les jardins et leurs fabriques disparurent et certaines dépendances furent détruites ou incendiées. Au XIXe siècle, le site fut encore coupé de ses anciens parterres par la construction du canal de la Marne au Rhin et de la ligne de chemin de fer Paris–Strasbourg, et il conserva des vestiges décoratifs le long de la Meuse. Inscrit aux monuments historiques en 1926, le château servit de caserne et d'intendance pendant la Seconde Guerre mondiale et fut gravement endommagé par un incendie le 31 août 1944. La commune de Commercy acheta les ruines à l'État en 1957 pour en assurer la restauration ; diverses parties furent classées monument historique en 1960 et les communs en 1972, et les travaux furent achevés en 1977. Restaurées, les façades côté ville encadrent aujourd'hui une place en forme de fer à cheval et le château abrite les services de la mairie, la bibliothèque municipale et diverses administrations. La cour d'honneur, fermée par une grille monumentale, est bordée par des communs bas disposés en hémicycle donnant sur la place du « Fer à Cheval » ; de grandes arcades, des terrasses à balustrades et des pots à feu animent cet ensemble transformé sous Stanislas par l'architecte Emmanuel Héré. En prolongement des communs, les deux ailes en retour d'équerre et le corps de logis principal, percés de fenêtres rectangulaires sur deux étages, encadrent un avant-corps central à quatre colonnes surmonté d'un fronton triangulaire. À l'arrière, la façade du corps de logis repose sur un fort soubassement en terrasse pour compenser la pente du terrain et s'ouvre par un escalier monumental à rampes multiples qui domine la Meuse en contrebas. Les propriétaires successifs vont du cardinal de Retz à Charles‑Henri de Lorraine‑Vaudémont, aux ducs de Lorraine, à Élisabeth‑Charlotte d'Orléans, à Stanislas Leszczynski, puis à l'État français jusqu'en 1957, date à laquelle la commune devient propriétaire. Parmi les personnalités liées au château figurent Françoise de Graffigny, qui visita Commercy en 1738 et en décrivit la vie dans ses lettres, ainsi que Voltaire, la marquise du Châtelet, Jean‑François de Saint‑Lambert et Madeleine Paulmier.