Acquisition par Louis Le Mairat 1580 (≈ 1580)
Début de la construction du château actuel.
1586
Autorisation royale de fortification
Autorisation royale de fortification 1586 (≈ 1586)
Murs, fossés et ponts-levis ajoutés.
1714
Passage aux Guillaume de Chavaudon
Passage aux Guillaume de Chavaudon 1714 (≈ 1714)
Transformation en résidence de plaisance.
1762
Travaux d'Étienne-Paul de Chavaudon
Travaux d'Étienne-Paul de Chavaudon 1762 (≈ 1762)
Aménagements paysagers et hydrauliques.
1940–1945
Occupation allemande
Occupation allemande 1940–1945 (≈ 1943)
Utilisé comme hôpital militaire.
1983
Rachat par Jean-Pierre Paupe
Rachat par Jean-Pierre Paupe 1983 (≈ 1983)
Début de la restauration complète.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble des façades et toitures, y compris celles de l'aile de la basse-cour, mais à l'exception de la galerie XIXe siècle accolée à la façade sur cour de l'aile nord-est du château ; le décor lambrissé et les cheminées de cinq pièces du XVIIIe siècle : grand salon Louis XVI, petit salon, les deux pièces lambrissées du premier étage et le petit cabinet de la tour est ; les deux enceintes de douves (cad. AB 146, 147, 149 ; E 765, 766) : inscription par arrêté du 3 août 1987 - Les communs : pigeonnier, glacière, grange située entre le pigeonnier et l'aile d'entrée, écurie (aile nord-est de la cour) (cad. AB 454, 1) : inscription par arrêté du 25 février 1993 - Les façades et toitures du jardin d'hiver, les trois escaliers du logis et leur cage d'escalier, les intérieurs de l'aile d'entrée de la basse-cour depuis la laiterie jusqu'à la grange (non comprise) (cad. AB 146) : inscription par arrêté du 20 mai 2011
Personnages clés
Louis Le Mairat - Seigneur de Droupt, drapier et maire de Troyes
Constructeur du château en 1580.
Joachim Le Mairat - Fils de Louis, héritier de la seigneurie
Poursuit les aménagements familiaux.
Pierre-Nicolas Guillaume de Chavaudon - Conseiller à la Cour des aides
Transforme le château au XVIIIe siècle.
Étienne-Paul de Chavaudon - Capitaine des dragons, chevalier de Saint-Louis
Le château de Droupt-Saint-Basle trouve ses origines en 1580, lorsque Louis Le Mairat, riche drapier et bourgeois de Troyes, acquiert la seigneurie de Droupt. En 1586, il obtient l'autorisation royale d'entourer sa demeure de murs, fossés et ponts-levis pour se protéger des voleurs. Ce château fortifié, dont subsistent encore la poterne d’entrée, les tours d’angle et les douves, reflète les tensions de l’époque, marquée par les guerres de Religion. Les Le Mairat, fidèles à Henri III puis à Henri IV, consolidèrent leur pouvoir local jusqu’au début du XVIIIe siècle, laissant une empreinte architecturale durable.
En 1712, la seigneurie passe aux mains de Jean Moreau, avant d’être acquise en 1714 par la famille Guillaume de Chavaudon, qui la conservera jusqu’en 1974. Pierre-Nicolas Guillaume de Chavaudon, conseiller à la Cour des aides, transforme le château en résidence de plaisance au XVIIIe siècle, modernisant les façades et aménageant des jardins à la française. Son fils, Étienne-Paul, capitaine des dragons, poursuit les travaux en surélevant les jardins et en améliorant les systèmes hydrauliques. La Révolution française ébranle la famille, accusée d’émigration, mais le château survit, devenant même un hôpital allemand pendant la Seconde Guerre mondiale.
Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains, subissant des périodes d’abandon et de dégradation. En 1983, Jean-Pierre Paupe le sauve de la démolition et entreprend une restauration minutieuse, redonnant au monument son éclat d’antan. Les travaux, récompensés par plusieurs prix patrimoniaux (médaille d’or de la Renaissance française en 1999, Grand Prix national des Vieilles Maisons Françaises en 2011), ont permis de préserver les décors intérieurs du XVIIIe siècle, les douves, et les communs historiques. Aujourd’hui, le château abrite un musée privé consacré à l’art populaire.
L’architecture du château mêle des éléments défensifs du XVIe siècle (tours canonnières, douves, ponts-levis) à des aménagements de confort des XVIIIe et XIXe siècles (jardin à la française, salon Louis XVI, jardin d’hiver). Les intérieurs conservent des boiseries classées, des cheminées en marbre, et des parquets d’époque, tandis que les communs, avec leur structure à pans de bois, témoignent des origines champenoises du domaine. Le site, partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1987, illustre l’évolution d’une seigneurie en résidence aristocratique, puis en patrimoine culturel.
Parmi les éléments remarquables figurent la salle à manger aux boiseries peintes, le salon orné d’un parquet « petit Versailles », et la salle de billard avec sa bibliothèque en merisier. Le parc, autrefois ravagé, a été restauré avec ses allées de tilleuls et ses perspectives paysagères. Les douves, comblées au XIXe siècle puis remises en eau, encerclent toujours le logis, tandis que la glacière et le pigeonnier complètent cet ensemble seigneurial. Les dessins laissés par des soldats allemands durant la Seconde Guerre mondiale rappellent aussi son histoire mouvementée.
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