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Château de la Bonnette dans le Tarn

Tarn

Château de la Bonnette

    4019 Route de Sénouillac
    81600 Senouillac
Auteur inconnuUnknown author

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1504-1523
Résidence de Pierre de Fronte
1575
Prise par les huguenots
24 octobre 1613
Achat par Maffre de Paulo
fin XVe - début XVIe siècle
Construction initiale
1831
Construction du chai
1979
Fin de l'exploitation viticole
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre de Fronte - Juge et premier seigneur Habitant attesté en 1504-1514
Jeanne de Castelnau - Veuve de Pierre de Fronte Réside seule en 1523
Bertrand de Rabastens - Seigneur de Mauriac Protestant, perd le château en 1575
Maffre de Paulo - Trésorier royal et acquéreur Acheteur en 1613, rénovateur
Famille Ichard - Propriétaires post-Révolution Transforme en domaine agricole

Origine et histoire

Le château de la Bonnette, situé à Senouillac dans le Tarn, est édifié à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle comme dépendance du château de Mauriac. À l'origine, il pourrait s'agir d'une simple tour, mentionnée sous le nom de tour de la Bonnette dans un plan cadastral de 1591-1592. La famille de Rabastens, seigneurs de Mauriac, confie sa garde à la famille del Forn (ou de Fronte), qui en devient propriétaire. Pierre de Fronte, juge local, y réside dès 1504, suivi de sa veuve Jeanne de Castelnau après sa mort avant 1523. Le château reste dans cette famille jusqu’aux guerres de Religion, période durant laquelle il passe brièvement aux mains des huguenots en 1575, avant d’être repris par les catholiques.

En 1613, Maffre de Paulo, trésorier royal du comté de Castres, acquiert le château pour 17 000 livres et entreprend d’importants remaniements. Sa famille, enrichie par la culture du pastel, transforme l’édifice militaire en une demeure confortable. Le château reste dans leurs mains jusqu’à la Révolution française. Au XIXe siècle, sous la famille Ichard, il devient le cœur d’un domaine agricole, avec l’ajout d’écuries et d’un chai en 1831, tandis que les jardins sont réaménagés (allée de marronniers, topiaires, parc à l’anglaise).

Architecturalement, le château s’organise autour d’une cour intérieure rectangulaire, flanquée de tours circulaires et d’une tour polygonale abritant un escalier à vis. La façade Est, principale, est ornée d’un fronton à redents et d’un blason martelé pendant la Révolution. La cour d’honneur, fermée par un mur-bahut et deux tours-pigeonniers, mène aux dépendances (écuries, chai de 40 mètres avec pressoirs du XIXe siècle). Les jardins, mêlant styles italien (terrasses, buis taillés) et français (broderies de buis), ainsi qu’un parc avec lavoir et source, entourent le domaine, complétés plus tard par une allée de cèdres et des éléments décoratifs comme des lions en terre cuite.

Le château de la Bonnette illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence seigneuriale, puis en exploitation agricole. Son histoire reflète les bouleversements religieux, politiques (guerres de Religion, Révolution) et économiques (pastel, viticulture) de la région. Aujourd’hui, il conserve les traces de ces transformations, des remparts initiaux aux aménagements du XIXe siècle, en passant par ses jardins classés et son chai viticole désaffecté depuis 1979.

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