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Château de Latoue en Haute-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Haute-Garonne

Château de Latoue

    125 Le Château
    31800 Latoue
Propriété privée
Château de Latoue
Château de Latoue
Crédit photo : Ruotal - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 1140
Construction du premier donjon
Début XIIIe siècle
Agrandissement du castrum
1304
Première mention écrite
1440
Destruction partielle
1500
Incendie partiel
1581
Ajout de la tourelle Renaissance
XVIIIe siècle
Transformation en habitation
25 juillet 1979
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. D 115) : inscription par arrêté du 25 juillet 1979

Personnages clés

Gaucerannus de Turre - Seigneur et fondateur Construisit le premier donjon vers 1140.
Bernard Ier de Comminges - Comte commanditaire Attribua des terres pour le chasement comtal.
Dominique Bachelier - Architecte présumé Aura conçu la trompe d’angle Renaissance (1581).
Gaucerandus de Turre (XVe siècle) - Seigneur pro-Foix-Béarn Impliqué dans le conflit de 1440.

Origine et histoire

Le château de Latoue, aussi appelé château de Latour, trouve ses origines au XIe siècle avec la construction d’un premier donjon en pierre rouge, entouré d’une enceinte fortifiée. Ce castrum, contrôlé par le comte Bernard Ier de Comminges, incluait une tour de 5 m x 5 m avec une entrée suspendue à 6 mètres, une salle basse aveugle, et une chapelle castrale dédiée à Saint-Sernin. L’ensemble, de forme elliptique, était protégé par des courtines en pierre blanche et un système de défense incluant une poterne romane. Une tour de défense complémentaire était située à 1 km au nord, sur le domaine de Floran, soulignant l’importance stratégique du site.

Au début du XIIIe siècle, le château est agrandi et modernisé : l’ancien donjon devient un espace de communs, tandis qu’une nouvelle tour de 10,50 m x 9,50 m est érigée, intégrant une porte romane réemployée et une salle basse voûtée en berceau. Une chemise enveloppante en pierre blanche renforce les défenses, complétée par une tour ronde dite « tour de ville » à l’ouest, servant possiblement de tour-porte avec herse. La chapelle Saint-Sernin, adossée au rempart nord, devient l’église paroissiale. En 1304, le castrum de Turre est mentionné dans un acte, mais il subit des dégâts majeurs en 1440 lors d’un conflit entre Armagnacs et Foix-Béarn, restant inhabité pendant un siècle.

La Renaissance (XVIe siècle) marque une transformation majeure avec l’ajout d’une tour hexagonale accolée au donjon, dotée d’un escalier à vis en pierre et de mâchicoulis, remplaçant les échelles en bois. Une trompe d’angle surmontée d’une tourelle, attribuée à l’architecte toulousain Dominique Bachelier, illustre l’influence des styles urbains (Toulouse, Albi) en milieu rural. Les latrines et les accès sont repensés pour plus de confort, tandis que la salle basse du donjon, autrefois prison, est réaménagée. Un incendie partiel en 1500 précède une restauration en 1581, intégrant des éléments défensifs comme un assommoir dans la trompe.

Au XVIIIe siècle, le château perd ses étages supérieurs en bois et gagne une nouvelle habitation accolée au donjon, avec deux niveaux supplémentaires. La cuisine s’installe dans l’ancienne salle basse, et des aménagements extérieurs (perron, escalier double) modernisent l’accès. Au XIXe siècle, le terrain est aplani, et des cèdres de l’Atlas sont plantés en arc de cercle, tandis que les remparts sont partiellement arasés. En 1971-1972, des contreforts en béton sécurisent la façade sud menacée de ruine. Classé à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1979, le site accueille aujourd’hui des événements culturels.

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