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Château de Noüe à Villers-Cotterêts dans l'Aisne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Aisne

Château de Noüe

    2 Rue de Plaisance
    02600 Villers-Cotterêts
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Château de Noüe
Crédit photo : Benjism89 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
fin Xe - début XIe siècle
Premier château
Fin Xe - Début XIe siècle
Construction du premier château
1156
Autorisation de construire la chapelle
XIIIe siècle
Reconstruction du château
1539
Vente à François Ier
1642
Vente aux religieuses de Soissons
1793
Destruction partielle pendant la Révolution
1848
Résidence de Bou-Maza
1927
Première protection au titre des monuments historiques
2004
Protection étendue
5 juillet 2004
Protection étendue de l’ensemble
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Donjon et restes de l'enceinte : inscription par arrêté du 3 juin 1927

Personnages clés

Pierre II de Noüe - Seigneur de Noüe Vend la seigneurie à François Ier en 1539.
François Ier - Roi de France Acquéreur du château en 1539
Anne de Pisseleu - Duchesse d’Étampes, favorite de François Ier Reçoit le château en 1539.
Louis de Foucault - Propriétaire sous la Révolution Fait araser les tours en 1793.
Mohamed Ben Abdallah (Bou-Maza) - Chef arabe assigné à résidence Réside au château en 1848.
Jules Manet - Sculpteur du XIXe Auteur présumé du fronton
Charles André - Créateur des Pépinières du Valois Développe des vergers expérimentaux au XXe siècle.

Origine et histoire

Le château de Noüe, implanté sur la commune de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, trouve ses origines à la fin du Xe ou au début du XIe siècle, avec un premier édifice construit au lieu-dit la Noüe. Ce château initial fut remplacé au XIIIe siècle, puis profondément transformé aux XVe et XVIe siècles, période dont subsistent aujourd’hui l’enceinte rectangulaire, le donjon carré à tourelles, et un colombier monumental de 9,20 mètres de diamètre, témoin du statut de haute justice de ses seigneurs. La chapelle Saint-Jacques, érigée en 1156 grâce à une autorisation épiscopale, ainsi que les réaménagements du XIXe siècle (façade néoclassique, fronton orné de Cérès) illustrent les strates successives de son histoire architecturale.

La seigneurie de Noüe appartint durant cinq siècles à la famille éponyme, bienfaitrice de plusieurs institutions religieuses locales comme la chartreuse de Bourgfontaine. En 1539, Pierre II de Noüe céda le domaine au roi François Ier, qui l’offrit à sa favorite Anne de Pisseleu, duchesse d’Étampes. Après cette période royale, le château changea plusieurs fois de mains : acquis en 1642 par les religieuses de Soissons, puis par le chevalier Denis Leroy en 1672, il subit des destructions symboliques pendant la Révolution (arasement des tours en 1793 par Louis de Foucault). Au XIXe siècle, il devint la résidence de la famille Picot, qui y ajusta des éléments de style Premier Empire.

Le XXe siècle marqua une nouvelle vocation pour le château : en 1948, il abritait Mohamed Ben Abdallah (dit Bou-Maza), chef arabe assigné à résidence après la conquête de l’Algérie. Racheté en 1957 par Pauline André-Lécroart, le domaine fut transformé en pépinières expérimentales par son fils Charles, primé en 1989 pour ses innovations en arboriculture fruitière. Classé partiellement dès 1927, l’ensemble (château, colombier, chapelle et enceinte) bénéficia d’une protection étendue en 2004, soulignant son importance patrimoniale dans les Hauts-de-France.

L’architecture du château mêle des éléments défensifs médiévaux (châtelet d’entrée de style François Ier, chemin de ronde) et des ajouts plus récents, comme la façade néoclassique ornée de sculptures attribuées à Jules Manet. Le colombier, avec ses 3 755 boulins accessibles par une échelle tournante, reste l’un des plus imposants du Valois, tandis que la chapelle conserve une porte ornée de symboles macabres (crâne et tibias). Ces détails reflètent à la fois le pouvoir seigneurial ancien et les adaptations liées aux usages agricoles modernes.

Liens externes