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Château de Saint-Élix-le-Château en Haute-Garonne

Haute-Garonne

Château de Saint-Élix-le-Château


    Saint-Élix-le-Château
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Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1900
2000
1540–1548
Construction du château
14 septembre 1545
Contrat des vitraux
1927
Classement monument historique
1945
Incendie et pillages
années 1980
Restauration par Claude Cambou
2019–2022
Propriété de l'État et ventes
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pierre Potier de la Terrasse - Commanditaire et premier propriétaire Secrétaire de François Ier
Laurent Clary - Architecte du château Auteur du donjon du Capitole
Joseph Gressier - Maître verrier Créateur des vitraux en 1545
Marquis de Montespan - Propriétaire au XVIIe siècle Époux de la favorite de Louis XIV
François Lucas - Sculpteur du XVIIIe siècle Auteur de statues et bas-reliefs
Claude Cambou - Restaurateur dans les années 1980 Sauvegarde après l’incendie

Origine et histoire

Le château de Saint-Élix-le-Château fut construit entre 1540 et 1548 pour Pierre Potier de la Terrasse, secrétaire de François Ier et président du Parlement de Toulouse. Conçu par l’architecte toulousain Laurent Clary, célèbre pour le donjon du Capitole, il allie détails médiévaux (glacis sculptés, échauguettes disparues) et éléments Renaissance. Les vitraux, réalisés par Joseph Gressier en 1545, et la cheminée de l’École de Fontainebleau, ornée des armoiries des familles Saint-Lary et Berthier, illustrent son faste initial.

Au XVIIe siècle, le château passe entre les mains du marquis de Montespan, époux de la favorite de Louis XIV, Françoise de Rochechouart. Il y ajoute une orangerie et des écuries. Son fils, le duc d’Antin, le vend à l’archevêque Jacob, qui y supervise la rédaction de L’Histoire du Languedoc par des moines bénédictins. Trois générations de barons Ledesme (jusqu’à la Révolution) y installent des décors luxueux : marbres, robinets en or, et statues signées François Lucas, auteur des Ponts-Jumeaux de Toulouse.

Au XIXe siècle, les familles Carrère (négociants locaux) transforment le château en lieu de savoir, avec une bibliothèque et un Salon des sciences. Les Dames Carrère y laissent des écrits précieuses. Le domaine change ensuite de mains (famille Suares d’Alméda, princesse Lubomiriski) avant d’être réquisitionné pendant la Seconde Guerre mondiale. Incendié en 1945, il est pillé puis restauré dans les années 1980 par Claude Cambou. Après des tentatives de vente infructueuses (2014, 2018, 2022), il appartient aujourd’hui à l’État, qui cherche à s’en séparer.

L’architecture, bien que partiellement altérée (fossés comblés, toitures abattues à la Révolution), conserve des façades en brique, des tours rondes, et des sculptures emblématiques. Le logis, carré à un étage, perdit son second niveau dans l’incendie de 1945. Les jardins réguliers, l’orangerie, et le pigeonnier (classés en 1994) complètent ce patrimoine. Depuis 1989, le domaine accueillait les Rencontres botaniques, exposition de végétaux rares, suspendue depuis 2017.

Classé monument historique en 1927, le château abrite une collection privée (famille Penent Bazin) : photographies, statues de François Lucas, et archives des Carrère. Ces pièces, accessibles sous conditions, alimentent des projets d’expositions. Malgré son histoire mouvementée, le site reste un témoignage majeur de la Renaissance en Occitanie, alliant art, pouvoir, et vie intellectuelle.

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