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Château du Bois Thibault en Mayenne

Mayenne

Château du Bois Thibault

    7 Rue du Château de Bois Thibault
    53110 Lassay-les-Châteaux

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1207
Concession féodale
1245
Première mention écrite
1425
Abandon et occupation écossaise
1467
Reconstruction
1483
Fondation de la chapelle Sainte-Anne
1556
Conflit judiciaire de François de Chauvigné
1589
Assassinat de Louis Hurault
1590
Siège et pillage
1633
Restauration de la chapelle
1769
Description détaillée du domaine
1836
Mention par Victor Hugo
1925
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

François de Chauvigné - Seigneur de Bois-Froust Impliqué dans un procès pour violences en 1556.
René de Chauvigné - Fondateur de la chapelle Dédie la chapelle Sainte-Anne en 1483.
Louis Hurault - Gouverneur de Lassay Assassiné en 1589 dans la chapelle.
Charles du Bellay - Seigneur et meurtrier Organisateur du guet-apens contre Hurault.
Judith de Chauvigné - Héritière du château Apporte le domaine en dot après 1589.
Victor Hugo - Écrivain voyageur Décrit la ruine en 1836.
Herbert de Logé - Premier seigneur du Bois-Thibault Époux de Catherine Monnier, fondateur de la chapelle.
Jean III du Bellay - Seigneur reconstructeur (1467) Ajoute canonnières et tours inspirées de Lassay.
Louis du Bellay - Archidiacre de Paris Rebâtit la chapelle, cœur inhumé sur place.
Léonard-François de Tournely - Dernier seigneur notable (1762) Mousquetaire du roi, acquéreur du domaine.

Origine et histoire

Le château de Bois-Froust, initialement situé à Niort-la-Fontaine dans la Mayenne (Pays de la Loire), était une forteresse médiévale devenue ferme et moulin au XIXe siècle. Victor Hugo le décrivit en 1836 comme une « ruine au milieu des arbres les plus beaux et farouches du monde », soulignant son cadre naturel préservé. Le site, entouré de douves et d’étangs, formait une presqu’île artificielle, tandis que son corps de logis, peu profond, intrigua l’abbé Angot par son aménagement intérieur mystérieux.

Le portail Renaissance, orné de sculptures vermiculées et d’hermines, évoque l’architecture du Vieux Louvre à Paris. Il symbolise l’influence des seigneurs de Chauvigné, notamment François, impliqué dans des conflits judiciaires en 1556 pour « faits d’armes et homicides ». La chapelle Sainte-Anne, fondée en 1483 par René de Chauvigné et sa femme, fut abandonnée lors de la conversion protestante des seigneurs, puis restaurée en 1633.

Au XVIIIe siècle, le château, déjà en déclin, est décrit dans des aveux comme un manoir doté de tours, de douves, de jardins en terrasses, et de systèmes hydrauliques (canaux, jets d’eau, viviers). Ces aménagements, probablement ajoutés au XVIIe siècle, reflètent une recherche de confort et d’agrément, contrastant avec l’austérité des châteaux féodaux. La ruine s’accentue au XIXe siècle, malgré son classement comme site protégé.

Le château fut le théâtre de violences seigneuriales, comme l’assassinat en 1589 de Louis Hurault, gouverneur de Lassay, par Charles du Bellay lors d’un guet-apens dans la chapelle. Sa veuve, Judith de Chauvigné, apporta ensuite le domaine en dot à Jean de Madaillan de Lesparre. L’abbé Angot et Beauchesne soulignent l’importance patrimoniale du site, notamment pour son portail et ses vestiges architecturaux.

Les descriptions de 1769 révèlent un domaine luxueux : cours closes, pigeonnier, bois de haute futaie, allées ornées de bassins, et un jardin muré de quatre journaux. Une grande prairie, alimentée par une source couverte, fournissait foin et eau pour les jeux d’eau et les douves. Ces éléments, aujourd’hui disparus ou en ruine, témoignent d’une seigneurie vassale de Lassay, titrée fondatrice de la paroisse de Niort.

La Carte de Cassini confirme son état de ruine dès le XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, seuls subsistaient des décombres, dont ceux de la chapelle Sainte-Anne, et des canaux encore alimentés par la source. L’abandon progressif reflète les mutations sociales post-Renaissance, où les châteaux perdirent leur rôle défensif pour devenir des résidences d’agrément, avant de tomber en désuétude.

Liens externes