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Confiserie Sérardy à Moulins dans l'Allier

Confiserie Sérardy

    11 Rue de Paris
    03000 Moulins
Propriété privée

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1886
Fondation de la confiserie
1898
Reprise par Bernard Sérardy
1901
Anecdote royale
1907
Rénovation de la boutique
1916
Mort de Bernard Sérardy
1923
Procès des palets d’or
2022
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La confiserie Sérardy avec sa devanture, son enseigne, ses volets extérieurs et ses aménagements et décors intérieurs, située 11 rue de Paris, sur la parcelle n° 188, figurant au cadastre section AP : inscription par arrêté du 13 janvier 2022

Personnages clés

Émile Sérardy - Fondateur Crée la confiserie en 1886.
Bernard Sérardy - Chocolatier et innovateur Invente les palets d’or en 1898.
Joseph Baury - Architecte Réaménage la boutique en 1907.
Louis Galfione - Peintre Réalise le plafond trompe-l’œil.
Pietro Favret - Mosaïste Crée le sol en carrelage fleuri.
Charles Carré - Repeneur et défenseur Gagne le procès des palets d’or.

Origine et histoire

La confiserie Sérardy, située au 11 rue de Paris à Moulins (Allier), est une institution locale depuis 1886. Fondée par Émile Sérardy sur l’emplacement d’une ancienne fabrique de sirop, elle est reprise en 1898 par son fils Bernard, qui y crée les palets d’or, des chocolats fourrés à la ganache café, décorés de feuilles d’or. La boutique, réaménagée en 1907 par l’architecte Joseph Baury, arbore des décors intacts (plafond peint, mosaïques, vitrines style Louis XVI/1900), lui valant une inscription aux monuments historiques en 2022.

Bernard Sérardy, formé dans des chocolateries comme Weiss à Saint-Étienne, modernise l’établissement et lie son nom à une anecdote royale : le tsar Nicolas II, en visite à Vichy en 1901, aurait apprécié ses palets d’or. Mort au combat en 1916, sa veuve vend la confiserie à Charles Carré, qui défend la paternité des palets d’or devant les tribunaux après un dépôt de brevet frauduleux en 1923. Le tribunal reconnaît finalement Bernard Sérardy comme créateur, autorisant la mention BERNARD SERARDY CREATEUR sur les emballages.

La boutique, reprise successivement par les familles Bellat-Ramond (jusqu’en 1977) puis par Bernard Jarriges, conserve son cachet d’origine. Les palets d’or, tombés dans le domaine public, restent associés à Moulins, tandis que la confiserie, toujours en activité, témoigne de l’artisanat chocolatier et de l’architecture commerciale du début du XXe siècle. Son intérieur, classé pour ses boiseries dorées, son plafond trompe-l’œil et sa mosaïque florale, en fait un lieu patrimonial unique.

L’édifice, intégré à une maison du XVIIIe siècle, se distingue par sa devanture en bois à deux faces, son enseigne en ferronnerie et son angle coupé abritant l’entrée. À l’intérieur, les placards-vitrines blancs et dorés, la glace ornée de guirlandes de roses, et le sol en carrelage fleuri complètent un ensemble Art Nouveau préservé. Les artisans ayant contribué à sa décoration — l’architecte Baury, le peintre Galfione et le mosaïste Favret — ont marqué son identité visuelle, aujourd’hui protégée.

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