Origine et histoire
Le domaine du château de Saint-Symphorien-des-Monts, situé à cheval sur les communes de Saint-Symphorien-des-Monts et Lapenty, est un ensemble historique dont les origines remontent au XIIIe siècle. Le premier château, entouré de fossés et doté d’un pont-levis, ne laisse aujourd’hui subsister qu’un donjon carré. Au XVIIe siècle, un nouveau château de style Louis XIII est construit en 1620 par la famille de Vauborel, puis saisi pendant la Révolution en 1793 après l’émigration de son propriétaire, Charles Marie du Bourblanc d’Apreville. Le domaine, utilisé temporairement comme mairie après la Révolution, est marqué par un incendie en 1916 qui détruit définitivement le château, dont les ruines sont rasées en 1971.
Le parc, aménagé en parc d’agrément au début du XVIIIe siècle et transformé en parc à l’anglaise vers 1830, s’étend sur 63 hectares, dont 10 ouverts au public. Il abrite des éléments remarquables comme une allée couverte néolithique classée monument historique en 1977, une maison du jardinier du XIXe siècle, et une chaumière du XVIe siècle. Le parc, transformé en parc animalier et floral sous le nom d’Eden Parc en 1971 par le comte Charles-Édouard de Miramon Pesteils, subit de lourds dégâts lors de la tempête de 1999, entraînant sa fermeture jusqu’à sa réouverture partielle en 2012. Aujourd’hui, il conserve des animaux comme des poneys Shetland, des paons, et des moutons nains, ainsi qu’une riche végétation.
L’architecture du château du XVIIe siècle, décrit dans les inventaires de 1793, révélait un bâtiment de seize fenêtres réparties sur deux niveaux, avec des lucarnes et un toit à forte pente. La façade donnait sur une cour d’honneur encadrée de deux pavillons reliés par des balustrades en granit, dont certaines subsistent encore. Le donjon carré du XIIIe siècle, unique vestige du premier château, était accompagné d’une chapelle. Les intérieurs, richement meublés, comprenaient des salons, des chambres d’apparat, des cuisines équipées, et des dépendances comme des écuries, une forge, et une boulangerie. Les inventaires détaillent également un mobilier luxueux, des œuvres d’art, et des objets du quotidien, reflétant le train de vie aristocratique de l’époque.
La seigneurie de Saint-Symphorien-des-Monts a été détenue par plusieurs familles nobles, dont les Mahé, les Vauborel, et les Géraldin. Au XVIIIe siècle, Antoine Anne Nicolas de Géraldin, marquis et grand bailli du comté de Mortain, y résidait avec sa sœur et sa famille. Son gendre, Charles Marie du Bourblanc d’Apreville, émigra en 1791 avant de revenir en 1802. Le domaine passa ensuite aux mains des comtes de Rougé au XIXe siècle, puis à la famille de Miramon Pesteils au XXe siècle. Les armoiries des familles successives, comme celles des Mahé (« Un giron d'or en champs de gueules ») ou des Vauborel (« D'azur à la tour d'argent »), témoignent de leur héritage noble.
Parmi les éléments protégés du domaine, figurent les façades et toitures de deux chaumières, dont une du XVIe siècle, ainsi que la ferme de la Basse-Cour, inscrite en 2005 pour ses bâtiments agricoles (logis, écurie, grange, pressoir). L’allée couverte des Cartésières, datée de 3000 av. J.-C., est un vestige archéologique majeur. Le parc, bien que partiellement rouvert, porte encore les stigmates de la tempête de 1999, qui détruisit 3000 arbres et les enclos animaux. Son histoire récente est marquée par les efforts de préservation menés par les comtes de Miramon Pesteils, puis par l’association des Amis du Parc.
Les sources historiques, comme les inventaires de 1793 ou les travaux de Jean Durand de Saint-Front, offrent un éclairage précis sur la vie quotidienne et l’organisation du domaine. Les dépendances, telles que la boulangerie, la forge, ou les écuries, abritaient une activité économique intense, avec des serviteurs, des artisans, et des paysans travaillant pour les seigneurs. La Révolution marque un tournant, avec la saisie des biens et la dispersion partielle du mobilier. Au XIXe siècle, le comte de Rougé reconstruit le château en 1848, avant sa destruction définitive en 1965, ne laissant que le parc et ses dépendances comme témoins de ce passé prestigieux.
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