Crédit photo : Jochen Jahnke sur Wikipédia allemand - Sous licence Creative Commons
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Frise chronologique
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Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
…
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIe siècle
Fondation du monastère
Fondation du monastère VIIe siècle (≈ 750)
Dédié initialement à saint Pierre et saint Paul.
IXe siècle
Redédicace à saint Gilles
Redédicace à saint Gilles IXe siècle (≈ 950)
Devenu lieu de pèlerinage grâce aux reliques.
1116
Démolition des anciennes églises
Démolition des anciennes églises 1116 (≈ 1116)
Construction de la nouvelle abbatiale débutée.
1120-1160
Sculpture de la façade
Sculpture de la façade 1120-1160 (≈ 1140)
Réalisée par cinq ateliers distincts.
1562
Destruction par les Huguenots
Destruction par les Huguenots 1562 (≈ 1562)
Guerres de Religion, clocher abattu.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés.
1865
Redécouverte du tombeau
Redécouverte du tombeau 1865 (≈ 1865)
Tombeau de saint Gilles identifié en crypte.
1998
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO 1998 (≈ 1998)
Patrimoine mondial via les chemins de Compostelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien cellier, dit salle de Saint-Gilles ; une partie des vestiges subsistants du cloître (cad. N 1132, 1150 à 1152) : classement par arrêté du 28 décembre 1984 - L’ensemble des vestiges situés sur ou sous les parcelles N 1120 et 1121, 1128 à 1132, 1149 à 1152, 1154, 1156, 1157, 1159 à 1164, 2094, 2095, 2993, avec le sol de l’aire du cloître (cad. N 2994), de la place Emile-Zola à l’exclusion des halles (cad. N 1158), du parvis sur la place de la République, ainsi que le sol de la rue du Vieux-Choeur et d’une partie de la place Ernest-Blanc, ensemble délimité sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 17 février 2014 ; L'ensemble des parties bâties et non bâties et des vestiges de l'ancienne abbaye de Saint-Gilles, situés sur et sous les parcelles section N n° 1129 à 1131, 1152, 1154, 1156, 1157, 2094, 2095 et 2993, 2994, ainsi que le sols du parvis de la place de la République, de la rue du Vieux-Choeur, d’une partie de la place Ernest-Blanc et de la place Emile Zola, domaine public non cadastré, à l’exclusion des halles (parcelle n°1158), tels que délimités et hachurés en rouge sur le plan annexé : classement par arrêté du 23 avril 2018 et du 13 juin 2018.
Personnages clés
Saint Gilles - Ermite et saint patron
Reliques à l’origine du pèlerinage médiéval.
Pape Grégoire VII - Réformateur clunisien
Rattachement de l’abbaye à Cluny (fin XIe).
Charles-Auguste Questel - Architecte restaurateur
Dirigea les travaux de 1842 à 1868.
Stanford White - Architecte américain
Inspiré par la façade pour St. Bartholomew (NY).
Abbé Goubier - Découvreur du tombeau
Identifia l’inscription latine en 1865.
Clément IV - Pape natif de Saint-Gilles
Statue ajoutée tardivement dans le chœur.
Origine et histoire
L'église abbatiale de Saint-Gilles-du-Gard, située dans le département du Gard en région Occitanie, est l’un des plus importants monuments romans du sud de la France. Fondée au VIIe siècle comme monastère dédié à saint Pierre et saint Paul, elle fut redédiée au IXe siècle à saint Gilles, un ermite local dont les reliques, conservées dans la crypte, attirèrent des pèlerins de toute l’Europe. Au XIIe siècle, sous l’impulsion de la réforme clunisienne et grâce aux revenus générés par le pèlerinage, une nouvelle église fut construite, dont la façade, sculptée entre 1120 et 1160, est considérée comme un chef-d’œuvre de l’art roman provençal.
L’abbatiale devint un lieu majeur sur la via Tolosana, l’un des quatre chemins français menant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Au Moyen Âge, son affluence rivalisait avec celle de Rome, Jérusalem ou Compostelle elle-même : en 1116, 134 changeurs de monnaies y étaient nécessaires pour accueillir les foules, un chiffre exceptionnel pour l’époque. Le monastère, placé sous la protection du Saint-Siège, connut une période de prospérité jusqu’aux guerres de Religion, qui endommagèrent gravement l’édifice en 1562. La nef fut raccourcie au XVIIe siècle, et le grand clocher, détruit, ne fut jamais reconstruit.
La façade, inspirée des arcs de triomphe romains, présente un programme iconographique riche divisé en registres : bestiaire et scènes de l’Ancien Testament en bas, figures du Nouveau Testament au centre, et tympans illustrant la vie du Christ. Malgré les destructions (partie haute disparue, pignon actuel raccourci de 10 mètres), elle reste un modèle pour d’autres édifices comme Saint-Trophime d’Arles. La crypte, longue de 50 mètres, abritait le tombeau de saint Gilles, redécouvert en 1865. L’abbatiale, classée Monument Historique dès 1840 et inscrite à l’UNESCO en 1998, fut restaurée au XIXe siècle par Charles-Auguste Questel, qui dégaga les entrées latérales de la façade et aménagea un escalier monumental.
Au XXe siècle, son influence architecturale traversa l’Atlantique : en 1902, l’architecte américain Stanford White s’en inspira pour concevoir le portail néo-roman de l’église Saint-Bartholomew à New York. Aujourd’hui, l’abbatiale conserve des vestiges impressionnants, comme les ruines de l’ancien chœur (98 mètres à l’origine), la vis (escalier hélicoïdal médiéval), et un orgue historique classé, construit entre 1704 et 1705. Son histoire tumultueuse, marquée par les pèlerinages, les conflits religieux et les restaurations, en fait un symbole du patrimoine médiéval occitan.
Les fouilles archéologiques récentes (XXIe siècle) ont révélé des éléments des bâtiments monastiques, dont des salles voûtées du XIIIe siècle, un réfectoire, et des traces du cloître. Ces découvertes, couplées à des restitutions 3D, permettent de mieux comprendre l’étendue originale de l’abbaye, dont une partie des vestiges est toujours enfouie sous la ville actuelle. L’abbatiale reste un lieu de mémoire, où se croisent histoire religieuse, art roman et légendes, comme celle du trésor caché évoquée dans Les Six Compagnons et le Carré magique (1984).
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Devenir actuel
L'Église abbatiale de Saint-Gilles fait partie des 71 monuments ainsi que 7 portions de chemins sont inscrits depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre officiel de « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».
Elle est sur le chemin de la Via Tolosana ou « voie toulousaine » qui passe par Toulouse, d'où son nom, mais son point de départ se situe à Arles d'où son autre nom de chemin d'Arles (via Arelatensis).
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