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Église Notre-Dame et cimetière de Savigny-sur-Aisne dans les Ardennes

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Architecture gothique flamboyant
Ardennes

Église Notre-Dame et cimetière de Savigny-sur-Aisne

    2 Rue Linguet
    08400 Savigny-sur-Aisne
Église Notre-Dame et cimetière de Savigny-sur-Aisne
Église Notre-Dame et cimetière de Savigny-sur-Aisne
Crédit photo : HenriDavel - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1516–1530
Construction du portail
1546
Dalle funéraire de Jean Bricot
1564
Décès de Valentin de Savigny
fin XIVe–début XVIe siècle
Construction de l'église
1789
Vente du presbytère comme bien national
1877
Reconstruction du presbytère
1913
Classement monument historique
1914–1918
Dommages pendant la Première Guerre mondiale
1919–1928
Restauration de l'église
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Cimetière désaffecté, avec ses murs de clôture, de soutènement, et le grand escalier d'accès au portail Ouest : classement par arrêté du 15 mai 1935

Personnages clés

Valentin de Savigny - Seigneur local et commanditaire Blason sur le portail, dalle funéraire datée 1564.
Jean Bricot - Notaire à Savigny-sur-Aisne Dalle funéraire classée de 1546.

Origine et histoire

L'église Notre-Dame de Savigny-sur-Aisne, située dans le département des Ardennes en région Grand Est, est un édifice religieux construit entre la fin du XIVe et le début du XVIe siècle. Elle se distingue par son portail occidental de style gothique flamboyant, daté entre 1516 et 1530, orné de sculptures élégantes et de blasons seigneuriaux. L'église adopte une forme traditionnelle de croix latine, avec une nef à trois travées, un chœur à cinq pans et un transept. Les matériaux locaux, pierre blanche de Chémery-sur-Bar et grès ocre d'Authe, créent un contraste visuel caractéristique.

L'édifice a été classé monument historique en 1913, peu avant d'être gravement endommagé pendant la Première Guerre mondiale : le transept sud, le chœur et une partie de la toiture furent détruits par des obus, mais le portail fut épargné. Restaurée à l'identique entre 1924 et 1928, l'église conserve des éléments défensifs comme une bretèche et des contreforts sculptés, ainsi que des dalles funéraires classées, dont celles de Valentin de Savigny (1564) et du notaire Jean Bricot (1546).

Le portail, chef-d'œuvre de l'édifice, présente des voussures ornées de rinceaux et de pampres, surmontées de bustes des apôtres et encadrées par des piliers portant des putti. À l'intérieur, les ogives retombent sur des piliers cylindriques, tandis que les vitraux, détruits pendant les conflits, ont été remplacés par des carreaux de verre incolore. Le presbytère adjacent, reconstruit en 1877 après la vente du premier comme bien national, abrite aujourd'hui un gîte rural.

L'église, dédiée à la Nativité de Notre-Dame, était entretenu avant la Révolution par l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem pour le chœur et les habitants pour la nef. Son emplacement sur une butte, accessible par un escalier, en fait un point de repère dans le paysage local. Les inscriptions et graffitis, comme une citation des Proverbes du XVIe siècle, témoignent de son rôle central dans la vie communautaire.

Les contreforts extérieurs, au nombre de quinze, sont ornés de gargouilles et de motifs géométriques, tandis qu'un cadran solaire et une tour carrée en bois surmontée d'une flèche à huit pans complètent l'architecture. Les restaurations post-guerre ont permis de conserver l'authenticité de l'édifice, malgré les destructions subies.

Enfin, le cimetière attenant et les éléments défensifs résiduels rappellent le double rôle religieux et protecteur de l'église au fil des siècles, dans une région marquée par les conflits et la vie rurale.

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