Origine et histoire de l'Église Saint-Jean-Baptiste
L’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) est implantée dans un enclos paroissial qui conserve son cimetière et s’ouvre sur la ville par une porte d’accès; l’ensemble comprend une fontaine sacrée et une chapelle funéraire dédiée à saint Mélar. L’édifice, ancienne trève de Plougasnou, abrite un trésor d’orfèvrerie réputé, dont fait partie la relique du Précurseur. Selon la tradition rapportée par Albert Le Grand, un doigt de saint Jean-Baptiste, apporté de Jérusalem par Sainte Tècle puis conservé à Saint-Jean-de-Daye, aurait été dérobé et rapporté à Saint-Jean-du-Doigt, suscitant un important pèlerinage lié à des miracles. Le duc Jean V aurait alors contribué à l’élévation d’une nouvelle église : la première pierre est dite posée par lui le 1er août 1440; la construction s’achève en 1512 et la consécration est datée de 1513. L’édifice actuel remplace une ancienne chapelle dédiée à saint Mériadec et le lieu fut appelé Traon Mériadec ou Saint-Jean-de-Mériadec jusqu’au XVIIe siècle. Les archives de la Chambre des comptes ne citent pas clairement cette fondation et les comptes de la fabrique ne commencent qu’au milieu du XVIe siècle; la duchesse Anne, lors de son Tro Breiz en 1505, aurait effectué un pèlerinage et des dons importants pour l’achèvement des travaux. Une étude épigraphique conduite par C. Millet en 1998 a permis le déchiffrage de trois inscriptions qui rattachent la commande de l’édifice à des membres de la petite noblesse locale, la famille Marec (latin Miles, français Chevalier), en particulier Jean Marec, recteur de Plougasnou et chanoine de Tréguier, et Prigent Marec, également chanoine de Tréguier, identifiés comme maîtres d’œuvre des différentes campagnes. Classée au titre des monuments historiques dès la liste de 1862, l’église et ses dépendances font l’objet de protections successives : la fontaine (arrêté du 12 juillet 1886), la porte double du cimetière (arrêté du 21 février 1914), la chapelle funéraire dédiée à saint Mélar (arrêté du 27 mars 1914) et le cimetière avec son mur d’enceinte et ses escaliers (décret du 28 octobre 1933). La flèche a été détruite par la foudre en 1925 et, lors de l’incendie du 5 au 6 novembre 1955, l’église fut entièrement ravagée jusqu’aux murs; le trésor paroissial fut toutefois préservé. Restaurée pendant onze ans, l’église a été rendue au culte en 1966. En 1965, le peintre Jos Le Corre exécuta pour l’église une bannière représentant le Baptême du Christ, l’avers, et l’Agneau pascal sur la Bible, le revers. L’édifice, haut de 16,20 m et long de 36 m, présente un plan rectangulaire sans transept, un chevet plat et une nef de sept travées séparée des bas-côtés par de grandes arcades en tiers-point portées par de longues piles, octogonales ou composées de quatre colonnettes. Au sud s’appliquent un porche et une chapelle, au nord une sacristie; la tour du clocher s’élève dans l’angle sud‑ouest et comprend, dans sa partie inférieure, trois étages de galeries à jour ornées d’arcades trilobées et de motifs en quatre‑feuilles, l’ensemble séparé par des pans de mur pleins; la galerie inférieure communique avec une galerie en encorbellement qui se prolonge jusqu’au porche. L’étage supérieur est percé de deux longues baies géminées sous arcs brisés et amorti par un clocheton en pierre. À la base de la tour se situent deux ossuaires d’attache — l’un du XVe siècle à six baies trilobées, l’autre daté de 1618 à trois baies en plein cintre — avec un bénitier au centre. L’enclos paroissial de Saint-Jean-du-Doigt est souvent cité comme l’exemple le plus complet des annexes d’une église paroissiale traditionnelle, comprenant l’église monumentale entourée de son cimetière, l’arc de triomphe d’entrée, la fontaine, le calvaire, les ossuaires et l’oratoire. Parmi les éléments notables figurent la tour et ses ossuaires d’attache, le porche et la chapelle méridionale, le chevet, la porte d’entrée, un ossuaire daté de 1618, la porte triomphale réaménagée en 1584 par l’architecte Jean Le Taillanter, la fontaine refaite en 1690, l’oratoire du sacre conçu en 1576 par Michel Le Borgne pour servir de reposoir lors de la Fête‑Dieu et des processions funéraires, ainsi que des éléments intérieurs tels que crédence, statue de saint Jean, vitrail de Louis René Petit (1990) derrière le maître-autel et une partie du trésor paroissial.