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Église Saint-Leu-Saint-Gilles de Paris

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Eglise gothique

Église Saint-Leu-Saint-Gilles de Paris

    92 Rue Saint-Denis
    75001 Paris

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1800
1900
2000
1118
Restauration de la chapelle
1235
Construction de l'église paroissiale
1819
Transfert des reliques de sainte Hélène
1857
Destruction partielle et réaménagement
1875
Authentification des reliques
1928
Réintégration des Chevaliers du Saint-Sépulcre
2000
Transfert des reliques en crypte
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Étienne-Hippolyte Godde - Architecte Dirigea les travaux de 1857.
Victor Baltard - Architecte Succéda à Godde pour les réaménagements.
François-Henri Clicquot - Facteur d’orgues Modifia l’orgue entre 1786 et 1788.
Cardinal Dubois - Archevêque de Paris Célébra la réintégration des Chevaliers en 1928.
Gilbert-Jacques Martinant de Préneuf - Curé (XVIIIe-XIXe s.) Prêtre ayant servi la paroisse.
François Périllon - Organiste actuel Titulaire de l’orgue classé.

Origine et histoire

L'église Saint-Leu-Saint-Gilles trouve ses origines au XIIe siècle, lorsque les moines du monastère Saint-Magloire, installés dans la Cité, firent construire une chapelle sur leur domaine féodal le long de la rue Saint-Denis. Cette chapelle, restaurée en 1118, devint le centre d’une paroisse annexe de l’église Saint-Barthélemy. En 1235, une église dédiée à la paroisse en expansion, liée au marché des Champeaux, fut édifiée à l’extérieur de l’enclos monastique, marquant le début de l’édifice actuel. L’église fut remaniée à plusieurs reprises, notamment en 1320, 1611, 1727 et 1780, avec l’ajout d’une chapelle souterraine.

Au XIXe siècle, l’église connut des transformations majeures. En 1819, les reliques de sainte Hélène y furent transférées par les Chevaliers du Saint-Sépulcre. En 1857, le percement du boulevard de Sébastopol entraîna la destruction des trois chapelles de l’abside, ainsi que des maisons accolées au flanc sud, remplacées par des bâtiments paroissiaux. Les architectes Étienne-Hippolyte Godde et Victor Baltard dirigèrent ces travaux, qui modifièrent aussi l’urbanisme alentour avec la disparition de la rue Saint-Magloire.

L’église devint un lieu emblématique pour l’ordre du Saint-Sépulcre. En 1875, après la Commune de Paris, la châsse de saint Leu fut ouverte pour authentifier les reliques de sainte Hélène, décrites comme un « tronc presque entier » du corps. En 1928, le cardinal Dubois y célébra la réintégration des Chevaliers du Saint-Sépulcre, faisant de Saint-Leu-Saint-Gilles leur église capitulaire en France. Les reliques furent finalement transférées en 2000 dans une crypte accessible, marquant son rôle spirituel contemporain.

De style gothique, l’église se distingue par sa façade à deux tourelles et son intérieur sobre, organisé en nef unique sans transept, flanquée de collatéraux. Son chœur, entouré d’un déambulatoire, surplombe une crypte creusée au XIXe siècle. L’orgue, classé monument historique depuis 1915, date en partie du XVIe siècle et fut modifié par des facteurs renommés comme François-Henri Clicquot (XVIIIe siècle) et Louis Suret (XIXe siècle). Endommagé par un incendie en 1974, il attend toujours une restauration estimée entre 200 000 € et 500 000 €.

L’église abrite des œuvres d’art notables, dont des sculptures de Jean Bullant (Sainte Anne et la Vierge) et Jean-Louis-Désiré Schrœder (Anges de la méditation), ainsi qu’une peinture de Frans Pourbus le Jeune (La Sainte Cène, aujourd’hui au Louvre). Depuis le XIXe siècle, la paroisse, confiée aux Trinitaires, s’engage auprès des sans-abri du quartier des Halles, perpétuant son rôle social et spirituel dans un quartier en constante évolution.

Liens externes