Intégration au MuCEM 2013 (≈ 2013)
Ouverture musée civilisations méditerranéennes.
Aujourd'hui
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Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le fort (cad. E 33) : classement par arrêté du 16 juin 1964
Personnages clés
Roi René - Comte de Provence (XVe siècle)
Commanditaire tour carrée éponyme.
Louis XIV - Roi de France
Ordonne construction citadelle post-rébellion.
Chevalier de Clerville - Ingénieur militaire
Dirige première campagne travaux (1668–1671).
Vauban - Commissaire général des fortifications
Renforce défenses en 1679.
Philippe Égalité - Duc d’Orléans
Prisonnier révolutionnaire au fort (1793).
Géral Passédat - Chef étoilé marseillais
Gère espaces restauration MuCEM.
Origine et histoire
Le fort Saint-Jean, situé à Marseille sur la butte Saint-Laurent, trouve ses origines dans une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem établie à la fin du XIIe siècle. Son emplacement stratégique, à l’entrée du Vieux-Port, en fait un point de contrôle clé. Des vestiges grecs du VIe siècle av. J.-C. y ont été découverts, attestant d’une occupation ancienne. Au XVe siècle, le roi René y érige une tour carrée pour renforcer la défense portuaire, tandis qu’une tour ronde dite du fanal est ajoutée en 1644 pour signaler l’entrée du port.
Au XVIIe siècle, après la rébellion de Marseille contre Louis XIV en 1660, le fort est transformé en citadelle royale sous la direction du chevalier de Clerville (1668–1671), puis renforcé par Vauban à partir de 1679. Ce dernier y ajoute un fossé inondable et une batterie basse pour mater d’éventuelles révoltes urbaines. Le fort, exproprié des Hospitaliers, intègre alors casernes, galerie des officiers et bâtiments intérieurs, tout en conservant des éléments médiévaux comme la tour du roi René.
Pendant la Révolution française, le fort sert de prison pour des figures politiques, dont Philippe Égalité et ses fils, ainsi que pour des Jacobins massacrés en 1795 par des royalistes. Au XIXe siècle, ses abords sont modifiés par le creusement du canal de la Joliette (1844), qui isole temporairement le fort en une île. En 1944, un dépôt de munitions allemand explose lors de la Libération, détruisant partiellement les bâtiments. Classé monument historique en 1964, il abrite aujourd’hui le MuCEM, mêlant patrimoine et expositions méditerranéennes.
La tour du roi René (1447–1452), haute de 28,50 mètres, et la tour du fanal (1644), coiffée d’un dôme, sont les éléments architecturaux les plus marquants. Le site conserve aussi des vestiges de l’occupation grecque, de la commanderie hospitalière, et des aménagements militaires de Vauban. Les fouilles archéologiques (1908, 1991) ont révélé des couches datant du VIe au IIe siècle av. J.-C., confirmant son importance historique multiséculaire.
Au XXe siècle, le fort perd son rôle stratégique mais devient un lieu de mémoire. En 2013, son intégration au MuCEM, avec une passerelle reliant le môle J4, en fait un symbole culturel méditerranéen. Les restaurations successives (1975–2000) ont préservé ses remparts, sa chapelle Saint-Jean et ses casernements, tout en y ajoutant des espaces modernes dédiés au patrimoine subaquatique (DRASSM) puis aux civilisations européennes.
Le fort Saint-Jean illustre ainsi les strata historiques de Marseille : port grec, place forte médiévale, citadelle royale, prison révolutionnaire, et enfin musée contemporain. Son architecture hybride, mêlant calcaire rose, bastions Vauban et structures modernes, reflète cette évolution, tout en dominant toujours l’entrée emblématique du Vieux-Port.
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Devenir actuel
Le fort Saint-Jean accueille depuis 2013 le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM).
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