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Lycée climatique à Argelès-Gazost dans les Hautes-Pyrénées

Hautes-Pyrénées

Lycée climatique

    6 Avenue Marcel Lemettre
    65400 Argelès-Gazost
Crédit photo : Celeda - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1948
Lancement du projet
mai 1952
Début du chantier
1955
Inauguration (inachevé)
1958
Exposition universelle de Bruxelles
2005
Devenu cité scolaire René Billères
14 août 2008
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures de l'ensemble des bâtiments du lycée climatique avec leurs éléments de décor : mosaïques de Singier de part et d'autre du passage d'entrée du lycée et sur le mur du fond derrière le portique situé à l'est des bâtiments, ce portique, les sculptures en creux de Hajdu sur les piliers du mur sud du gymnase, la salle dite du foyer des filles ou foyer bleu avec sa toile marouflée de Manessier et le meuble - casier de Charlotte Perriand, ainsi que la totalité de l'emprise du terrain sur lequel est bâti le lycée, avec notamment les classes de plein air en cercles de pierre et le parc paysager (cad. AI 5) : inscription par arrêté du 14 août 2008

Personnages clés

André Remondet - Architecte en chef Concepteur du lycée, inspiré par le Bauhaus.
Marcel Lemettre - Maire d’Argelès-Gazost Initiateur du projet pour lutter contre l’exode rural.
René Billères - Ministre de l’Éducation (1950s) Soutien politique et financier du projet.
Gustave Singier - Peintre-verrier Auteur des mosaïques *Soleil couchant* et *Horizon de montagne*.
Alfred Manessier - Peintre abstrait Créateur de *Jeux dans la neige* (1954) pour le foyer des filles.
Charlotte Perriand - Designer Conception des meubles et cloisons intérieures.

Origine et histoire

Le lycée climatique René Billères d’Argelès-Gazost, inauguré en 1955 dans les Hautes-Pyrénées, incarne l’architecture fonctionnaliste du XXe siècle et les idéaux éducatifs des Trente Glorieuses. Conçu par l’architecte André Remondet, il s’inspire du Bauhaus et du Corbusier, avec des volumes dispersés, des matériaux modernes (béton, verre) et traditionnels (pierre de Batsurguère, ardoise), adaptés au climat montagnard et aux risques sismiques. Le projet, lancé en 1948 à l’initiative du maire Marcel Lemettre et soutenu par René Billères (ministre de l’Éducation), visait à revitaliser une région touchée par l’exode rural en créant un établissement mixte et innovant, ouvert à tous les élèves.

Le lycée se distingue par son intégration paysagère et artistique, avec un parc arboré de 8 hectares traversés par un cours d’eau, et dix œuvres d’art contemporaines réalisées entre 1954 et 1960 dans le cadre du 1% artistique. Parmi elles, des mosaïques de Gustave Singier, une toile marouflée d’Alfred Manessier (Jeux dans la neige), des sculptures en creux d’Etienne Hajdu sur les piliers du gymnase, et une statue féministe de Denis Gelin, La Bachelière, symbolisant l’émancipation des femmes. Ces œuvres, représentatives de la Nouvelle École de Paris, dialoguent avec l’architecture pour créer un lieu de vie et d’étude unique, classé Monument Historique en 2008.

L’établissement, pensé comme un « lycée de plein air », innove aussi par ses espaces pédagogiques extérieurs : cercles de pierres pour des cours en plein air (avec une acoustique optimisée par les façades), un amphithéâtre et un portique inspiré de l’école péripatéticienne. Les bâtiments, colorés et spécialisés par fonction (internats, externat, administration), sont orientés pour maximiser l’ensoleillement et la ventilation naturelle. L’internat, ouvert toute l’année, reflète les théories hygiénistes et héliothermiques de l’époque, tandis que le gymnase et les équipements sportifs intègrent une dimension éducative globale, rare pour l’époque.

Classé Monument Historique en 2008 pour ses façades, toitures, décors et parc paysager, le lycée climatique illustre une synthèse entre modernité architecturale, ambition sociale et patrimoine artistique. Son histoire est aussi celle d’une collaboration entre artistes (Charlotte Perriand pour les meubles, Florence Knoll pour le mobilier) et architectes, dans un contexte de reconstruction post-Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, malgré des rénovations ayant altéré certains dispositifs originaux (ventilation, éclairage naturel), il reste un témoignage majeur de l’utopie éducative et esthétique des années 1950.

Le mécénat d’État a permis d’y rassembler des artistes internationaux, comme le Belge Gustave Singier (mosaïques en pâte de verre) ou l’Anglaise Alma Slocombe (céramiques abstraites), tandis que des œuvres cinétiques, comme la fontaine de Louis Leygue, ont disparu. Le lycée, initialement anonymes, a été rebaptisé en 2005 en hommage à René Billères, acteur clé de sa création, et à Marcel Lemettre, maire visionnaire. Son modèle, présenté à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958, a contribué à diffuser le « style international » en France, tout en s’ancrant dans un territoire marqué par le thermalisme et la montagne.

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