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Sanctuaires antiques des Basiols dans l'Aveyron

Aveyron

Sanctuaires antiques des Basiols

    Route Sans Nom
    12620 Saint-Beauzély
Crédit photo : Joël Thibault - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
100
200
300
400
500
1900
2000
Ier siècle av. J.-C. (époque augustéenne)
Construction des premiers temples
Milieu du Ier siècle
Extension du sanctuaire
IIIe–IVe siècle
Abandon progressif
1981
Redécouverte du site
1987 et 1991
Fouilles archéologiques
14 avril 1992
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble des monuments antiques, enclos compris, ainsi que le sol et le sous-sol pouvant renfermer des vestiges archéologiques (cad. B 51) : inscription par arrêté du 14 avril 1992

Personnages clés

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Origine et histoire

Les sanctuaires des Basiols constituent un ensemble cultuel gallo-romain situé à Saint-Beauzély, dans l’Aveyron (Occitanie). Implanté à 1 050 m d’altitude sur la ligne de crête du Lévézou, le site est organisé autour de neuf petits temples carrés (fana) dépourvus de galerie périphérique, répartis en trois lignes à l’intérieur d’une enceinte quadrilatérale de 420 m2. Ces édifices, construits en schiste et grès locaux, datent du Ier siècle av. J.-C. (époque augustéenne) et furent fréquentés jusqu’au IIIe ou IVe siècle. Aucune inscription ou représentation divine n’a été retrouvée, rendant les cultes pratiqués inconnus.

Le sanctuaire est traversé à proximité par la voie romaine reliant Condatomagus (Millau) à Segodunum (Rodez), mentionnée sur la table de Peutinger. Ce point haut de la route, exposé aux intempéries, servait probablement de halte pour les voyageurs déposant des offrandes. Les vestiges, dégradés par le gel et l’acidité du sol, révèlent une occupation en deux phases : deux temples primitifs sous Auguste, suivis de sept autres au milieu du Ier siècle. L’abandon du site coïncide avec le déclin de la voie romaine, sans trace de destruction volontaire ou de réutilisation paléochrétienne.

Les fouilles (1987 et 1991) ont mis au jour 318 monnaies romaines (majoritairement des Ier–IIIe siècles), des céramiques sigillées de La Graufesenque, des statuettes en terre blanche, et des ossements animaux. Un bâtiment annexe, interprété comme un local de service pour les rites, contenait 80 % des artefacts. Le site, redécouvert en 1981 lors de travaux forestiers, a été restauré en 1990 et inscrit aux monuments historiques le 14 avril 1992. Son isolement et son altitude en ont accéléré l’érosion naturelle.

L’enceinte sacrée (péribole), symbolique plus que défensive, abritait cinq socles potentiellement destinés à des autels ou statues, bien qu’aucun indice ne confirme leur usage. Les temples, orientés à l’est, présentaient des seuils en grès rainuré et des toitures en tegulae. L’absence d’inscriptions et la rareté des offrandes figuratives (comme une bague à l’effigie de Mercure) empêchent d’identifier les divinités vénérées. Les cultes pourraient être liés à des pratiques locales ou à des divinités romaines syncrétiques.

La désaffectation du sanctuaire s’explique par l’abandon progressif de la voie romaine, entraînant son isolement. Aucune preuve ne suggère une destruction violente ou une reconversion. Les fouilles ont révélé deux phases de construction distinctes, mais aucun remaniement majeur postérieur au IIIe siècle. Le site, aujourd’hui protégé, offre un témoignage rare des pratiques religieuses gallo-romaines en Rouergue, dans un contexte rural et montagnard.

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