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Château de Saint-Romain-d'Ay en Ardèche

Ardèche

Château de Saint-Romain-d'Ay

    245 Saint-Romain
    07290 Saint-Romain-d'Ay

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
Moyen Âge (période estimée)
Fondation du sanctuaire
XVIIe siècle
Premières processions attestées
1789
Nationalisation révolutionnaire
1797
Rachat par Antoine Farigoules
1831-1834
Restauration par Jeanne de Larochette
1880
Expulsion des jésuites
1890
Couronnement de la Vierge noire
1968
Classement de la Vierge noire
1982
Inscription site pittoresque
1990
Centennaire du couronnement
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Odon de Tournon - Ancêtre des comtes de Tournon Aura ramené la première Vierge noire
Antoine Farigoules (1723-1797) - Acquéreur révolutionnaire Sauva le mobilier sacré en 1789
Père Joseph Laurent (1749-1809) - Chaplain spontané Desservit le sanctuaire (1797-1809)
Jeanne de Larochette (1768-1849) - Mécène restauratrice Finança les travaux (1831-1834)
Abbon-Pierre-François Bonnel de la Brageresse - Évêque de Viviers Bénit la chapelle en 1835
Léon XIII - Pape Approuva le couronnement (1890)
Joseph-Michel-Frédéric Bonnet - Évêque de Viviers Présida le couronnement de 1890
Henri de Pontmartin - Propriétaire du château du Plantier Intervint lors de la fermeture (1903)
Jean Hermil - Évêque de Viviers (XXe s.) Célébra le centenaire en 1990

Origine et histoire

Le sanctuaire Notre-Dame d’Ay trouve ses origines au Moyen Âge, durant la Troisième croisade, lorsqu’une chapelle fut érigée au sein d’un château-fort appartenant aux comtes de Tournon, sur l’éperon rocheux d’« Ay ». Ce lieu abritait une statue de Vierge noire, appelée « Notre-Dame d’Ay », objet de dévotion jusqu’à sa destruction pendant les guerres de Religion. La statue actuelle, une copie installée après le XVIIe siècle, perpétue ce culte marial, marqué par des processions attestées dès cette époque.

À la Révolution, la chapelle et ses terrains furent déclarés biens nationaux en 1789. Acheté par Antoine Farigoules, celui-ci y installa sa résidence tout en préservant le mobilier sacré et en ajoutant un clocher. En 1797, le Père Joseph Laurent, sans nomination épiscopale, devint chapelain pendant douze ans avant que le sanctuaire ne revienne à la paroisse locale. La restauration majeure du site intervint en 1831 sous l’impulsion de Jeanne de Larochette, qui financa l’élévation des murs, la construction d’un chœur, d’une voûte et d’un nouveau clocher, bénis en 1835 par l’évêque de Viviers.

Le sanctuaire connut des tensions politiques et religieuses au XIXe siècle. En 1880, les pères jésuites, gestionnaires du lieu depuis 1836, furent expulsés en application des décrets anti-congrégations, et la chapelle scellée jusqu’en 1883. Pour marquer la résistance catholique, une statue monumentale de la Vierge (5 mètres) fut érigée sur le clocher en 1890, suivie du « couronnement » solennel de la Vierge noire, proclamée « reine du Haut-Vivarais » lors d’une cérémonie rassemblant 20 000 fidèles et sept évêques. Ces événements reflétaient les luttes entre l’Église et l’État dans la France de la Troisième République.

Au XXe siècle, le sanctuaire évolua avec son temps. Les jésuites quittèrent définitivement Ay en 1954, et la Vierge noire fut classée monument historique en 1968. Le site, inscrit à l’inventaire des sites pittoresques de l’Ardèche en 1982, devint un lieu de retraite spirituelle et culturelle, accueillant expositions, séminaires et pèlerinages mariaux (mai, Assomption, Immaculée-Conception). En 1990, le centenaire du couronnement attira des milliers de fidèles, marquant la pérennité de ce haut lieu de dévotion ardéchois.

Aujourd’hui, le sanctuaire se compose de la chapelle néoclassique (nef voûtée, chœur en cul-de-four), de salles d’accueil, d’un chemin de croix extérieur et d’un cimetière des pères jésuites. La statue de Notre-Dame d’Ay, en chêne polychrome (75 cm), datant potentiellement d’avant 1254, reste l’élément central. Son manteau blanc et ses couronnes, ajoutés en 1890, symbolisent son rôle de protectrice régionale. Le site, géré par l’Ensemble Inter Paroissial de Satillieu depuis 1994, allie patrimoine religieux, tourisme et vie communautaire.

Le sanctuaire est aussi lié à des figures historiques majeures, comme saint Jean-François Régis ou le curé d’Ars, venus en pèlerins. Son carillon de dix cloches, ses vitraux narrant des légendes locales (comme celle de la bergère sauvée par Marie), et ses expositions culturelles (ex. : « Visage : reflet de l’homme, reflet du Christ » en 2018) en font un lieu vivant, à la croisée de la foi, de l’art et de l’histoire vivaroise.

Liens externes