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Site fortifié du Kastelberg dans le Haut-Rhin

Site fortifié du Kastelberg

  • 2 Rue du Kastelberg
  • 68480 Kœstlach
2 Rue du Kastelberg, 68480 Kœstlach, France

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500 av. J.-C.
400 av. J.-C.
300 av. J.-C.
200 av. J.-C.
100 av. J.-C.
0
1900
2000
Fin du VIIe - fin du VIe siècle av. J.-C.
Fortification hallstattienne
410 - 230 av. J.-C.
Seconde enceinte laténienne
Fin du Ve - début du IVe millénaire av. J.-C.
Enceinte néolithique
IIe - Ier siècle av. J.-C.
Fréquentation de La Tène finale
1903 - 1908
Fouilles de Karl Sebastian Gutmann
Depuis 2011
Reprise des fouilles par le PAIR
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Karl Sebastian Gutmann - Archéologue Dirigea les premières fouilles (1903-1908).
Michaël Landolt - Archéologue, directeur du PAIR Responsable des fouilles depuis 2011.

Origine et histoire

Le Kastelberg est un site fortifié protohistorique situé sur les communes de Kœstlach et Mœrnach (Haut-Rhin, Grand Est). Ses vestiges couvrent une période allant du Néolithique final (Ve-IVe millénaire av. J.-C.) à La Tène finale (IIe-Ier siècle av. J.-C.), avec une occupation majeure durant le Premier Âge du Fer (Hallstatt, VIIe-VIe siècle av. J.-C.). Les fouilles ont révélé une enceinte néolithique à double parement de calcaire, ainsi qu’un rempart hallstattien à parement taluté, renforcé par des poteaux verticaux. Des artefacts en céramique, lithique et métal (dont une pointe de flèche en alliage cuivreux du Bronze moyen-final) attestent d’une occupation continue, bien que les traces du Bronze restent difficiles à caractériser.

Les recherches archéologiques, initiées par Karl Sebastian Gutmann (1903-1908) et reprises depuis 2011 par le Pôle d’Archéologie Interdépartemental Rhénan (dirigé par Michaël Landolt), ont permis de préciser la chronologie du site. Une double fortification du Premier Âge du Fer a été identifiée, avec un rempart principal à l’est et une seconde enceinte datée entre 410 et 230 av. J.-C. (La Tène ancienne/moyenne). À l’intérieur, une plateforme en plaquettes de calcaire suggère un habitat, tandis que des couches d’occupation riches en mobilier (faune, céramique, outils) confirment une fréquentation jusqu’à La Tène finale.

Le site illustre l’évolution des techniques défensives et des modes de vie entre le Néolithique et le Second Âge du Fer. Les découvertes récentes, comme un bord de céramique de La Tène finale, étendent son histoire jusqu’à la veille de la conquête romaine. Les rapports de fouille (2011-2014) soulignent son rôle d’oppidum stratégique sur les contreforts jurassiens, lié aux échanges culturels et commerciaux de l’époque hallstattienne et laténienne.

Une particularité du Kastelberg réside dans la réutilisation des structures au fil des siècles : l’enceinte néolithique précède les fortifications hallstattiennes, tandis que des indices de La Tène finale montrent une occupation sporadique. La pointe de flèche en cuivre du Bronze, bien que trouvée hors contexte, évoque une présence humaine durant cette période, malgré l’absence de traces de fortification. Ces strates successives en font un témoin clé de la protohistoire alsacienne.

Les fouilles modernes ont aussi mis en lumière des techniques de construction variées : parements en dalles de calcaire, blocages internes, et fosses de poteaux pour renforcer les remparts. La céramique à dégraissant coquillé et les outils en pélite-quartz ou silex taillé révèlent des savoir-faire artisanaux liés aux ressources locales. Le site, étudié dans le cadre du PAIR (Pôle d’Archéologie Interdépartemental Rhénan), bénéficie d’une documentation combinant archives anciennes et méthodes contemporaines (datations radiocarbones, analyses typologiques).

Enfin, le Kastelberg a également été mentionné dans des publications récentes (2012-2014) comme un exemple d’oppidum hallstattien en Alsace, avec des liens possibles aux réseaux celtiques. Son étude s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’urbanisation protohistorique en Europe tempérée, où les sites de hauteur jouaient un rôle à la fois défensif, symbolique et économique pour les communautés locales.

Liens externes

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