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Synagogue de Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques

Patrimoine classé
Patrimoine Juif
Synagogue
Pyrénées-Atlantiques

Synagogue de Bayonne

    35 Rue Maubec
    64100 Bayonne
Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
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Synagogue de Bayonne
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Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
Synagogue de Bayonne
Crédit photo : Olevy - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1492
Expulsion des Juifs d'Espagne
1550
Lettres patentes de Henri II
1787
Édit de Versailles
1836-1837
Construction de la synagogue
1942-1944
Réquisition par les nazis
2012
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, la synagogue, le sol de la cour et de son passage vers la rue, le jardin des soukkoth, les façades et toitures des bâtiments annexes (pavillons d'entrée, bâtiment est abritant une petite synagogue, des salles de cours et le logis du rabbin), le portail d'entrée et sa grille (cad. BI 9, 10) : classement par arrêté du 20 janvier 2012

Personnages clés

Abraham Andrade - Grand-rabbin (1789–1808) Représentant au Grand Sanhédrin napoléonien.
Émile Levy - Grand-rabbin (1892–1904) Inaugure la synagogue de Biarritz en 1904.
Ernest Ginsburger - Grand-rabbin (1929–1943) Déporté à Auschwitz en 1943.
Edmond Faulat - Constructeur Responsable des travaux en 1836–1837.
Émile Jonas - Compositeur et hazzan Transcrit les chants liturgiques portugais (1854).
Hervé Roten - Ethnomusicologue Étudie les traditions musicales judéo-portugaises.

Origine et histoire

La synagogue de Bayonne, construite entre 1836 et 1837 par l’architecte Capdeville, remplace un ancien oratoire du XVIIIe siècle détruit pendant la Révolution. Elle est érigée rue Maubec, dans le quartier Saint-Esprit, un faubourg historiquement lié à l’installation des Juifs portugais fuyant l’Inquisition ibérique après 1492. Ces « nouveaux chrétiens », officiellement catholiques mais pratiquant secrètement le judaïsme, obtiennent des lettres patentes royales (Henri II, Louis XIV) leur accordant des droits limités. Leur prospérité économique, notamment dans le commerce international et l’introduction du chocolat en France, leur permet de structurer une communauté autonome, avec des synagogues clandestines dès le XVIe siècle.

Au XVIIIe siècle, la communauté juive de Saint-Esprit, forte de 3 500 âmes en 1750, obtient le droit de pratiquer ouvertement sa religion. Treize synagogues (appelées esnogas) coexistent en 1755, dont l’oratoire Brandon, la plus importante avant 1837. La Révolution française et l’édit de Versailles (1787) leur accordent la citoyenneté, mais la population décline ensuite, passant à 2 000 personnes au XIXe siècle. La synagogue actuelle, inaugurée en 1837, symbolise cette période de reconnaissance officielle, avec une architecture sobre mais majestueuse, incluant une Arche Sainte du XVIIIe siècle et des vitraux de Mauméjean.

La synagogue est conçue pour accueillir 300 fidèles, avec une orientation atypique (Arche Sainte à l’ouest, contrairement à la tradition jerusalémite). Elle intègre des éléments cultuels comme un mikvé (bain rituel) et une boulangerie pour les matzot. Classée monument historique en 2012, elle survit aux réquisitions nazies pendant la Seconde Guerre mondiale, bien que sixty membres de la communauté, dont le grand-rabbin Ernest Ginsburger, soient déportés. Aujourd’hui, elle reste un lieu de culte actif, malgré une communauté réduite, et préserve des traditions musicales judéo-portugaises rares, étudiées par des chercheurs comme Hervé Roten.

L’histoire de la synagogue est indissociable de celle de ses rabbins, dont Abraham Andrade (1789–1808), qui participe au Grand Sanhédrin napoléonien, ou Émile Levy (1892–1904), qui inaugure la synagogue de Biarritz en 1904. Le rite portugais, caractéristique de la communauté, y est célébré jusqu’au XXe siècle, malgré des tentatives d’unification liturgique en 1874. Les chants traditionnels, transcrits au XIXe siècle par Émile Jonas, font l’objet de préservation actuelle. La synagogue, propriété de l’Association cultuelle israélite de Bayonne-Biarritz, est accompagnée d’un cimetière juif du XVIIe siècle et d’un mikvé classé, tous deux protégés au titre des monuments historiques.

La communauté juive bayonnaise, après un âge d’or au XVIIIe siècle, décline démographiquement (240 membres en 1945), mais se renouvelle partiellement avec l’arrivée des Juifs d’Afrique du Nord dans les années 1960. La synagogue, ouverte pour les offices du chabbat et les fêtes, incarne aujourd’hui un héritage à la fois local et européen, lié à l’histoire des Séfarades et à leur intégration progressive dans la société française. Son classement en 2012 souligne son importance patrimoniale, tant architecturale qu’historique, dans le paysage religieux de la Nouvelle-Aquitaine.

Liens externes