Fondation de la brasserie 1746 (≈ 1746)
Création à Strasbourg par Jean Hatt.
1862
Transfert à Schiltigheim
Transfert à Schiltigheim 1862 (≈ 1862)
Début de l’ère industrielle du site.
1932
Construction de la 'cathédrale'
Construction de la 'cathédrale' 1932 (≈ 1932)
Salle de brassage en cuivre et mosaïques.
1972
Rachat par Heineken
Rachat par Heineken 1972 (≈ 1972)
Intégration au groupe néerlandais.
2024
Classement Monument historique
Classement Monument historique 2024 (≈ 2024)
Protection des éléments patrimoniaux.
30 octobre 2025
Fermeture définitive
Fermeture définitive 30 octobre 2025 (≈ 2025)
Fin de la production après 278 ans.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L’ancienne Brasserie de L’Espérance, actuelle brasserie Heineken, située 10 rue Saint-Charles, sur les parcelles n° 2, 3 (A) et 3 (B), 37, 41, 43, figurant au cadastre section 32 ; en totalité : la salle de brassage, hors poste de commande automatisé (A), le hall d'entrée du château d'eau et son sous-sol avec le puits de forage en totalité (J), la mosaïque au sol de l'ancien hall d'entrée de l'ancien foyer des ouvriers, actuel bâtiment des services innovations et achats (D), le hall d'entrée de l'ancien bâtiment administratif y compris le vitrail, la fontaine de Faivre et la cage d'escalier jusqu'au premier niveau (L), partie du sol de la parcelle avec ses caves, circonscrite au périmètre des anciennes caves Bergemer (cadastre parcelle 2 section 32) ; les façades et toitures de : l'ancien bâtiment du traitement de l'eau (C), le bâtiment des services innovation et achat (D), l'ancien foyer des ouvriers, actuel bâtiment des services innovations et achats (D), l'ancien bâtiment administratif (L), le château d'eau (dit tour) (J), la clôture, incluant les deux portails d'Emile Widmann, située entre le brassage et l'ancien bâtiment du contrôle de l'eau, ainsi qu'entre l'ancien bâtiment du contrôle de l'eau (C) et le bâtiment des services innovation et achat (D), le restaurant, "La taverne des brasseurs", avec la pile de l'ancien portail (T). Le tout conformément au plan annexé à l'arrêté : inscription du 1er mars 2024 modifiée par l'arrêté d'inscription du 22 octobre 2024
Personnages clés
Jean Hatt - Fondateur de la brasserie
Petit-fils de Jérôme Hatt (Kronenbourg).
Émile Widmann - Architecte
Auteur de la clôture et portails.
Origine et histoire
La brasserie de l’Espérance, fondée en 1746 à Strasbourg par Jean Hatt, s’installe à Schiltigheim en 1862, devenant un pilier de l’industrie brassicole alsacienne. Symbole d’innovation, elle adopte dès 1842 une machine à vapeur, puis un système de refroidissement industriel en 1880. Son embranchement ferroviaire (1870) et sa « cathédrale » de brassage en cuivre (1932), ornée de vitraux et mosaïques, illustrent son âge d’or. La bière Ancre, inspirée par l’ancre de l’église Saint-Guillaume, est exportée dans 50 pays dès les années 1960.
Rachetée par Heineken en 1972, la brasserie modernise sa production (lignes de conditionnement en 2006 et 2010) et abrite le siège social d’Heineken France. Elle brassait 1,1 million d’hectolitres en 2014, incluant des marques comme Fischer, Desperados et Adelscott. Son château d’eau de 65 mètres, emblème local, et son Espace Découverte en font un site touristique et industriel majeur. Malgré des investissements récents (9,3 millions d’euros en 2017), Heineken annonce sa fermeture en 2022 pour des raisons économiques et logistiques, mettant fin à 278 ans d’activité en octobre 2025.
Classée Monument historique le 1er mars 2024, l’ancienne brasserie protège des éléments remarquables : la salle de brassage « cathédrale », le château d’eau, les façades Art déco, et des mosaïques ou vitraux. Le site inclut aussi la Taverne des Brasseurs, ancien restaurant Le Poêle de l’Espérance, et des vestiges des caves Bergemer. Son inscription couvre 12 hectares, témoignant de l’héritage industriel alsacien et des mutations du groupe Heineken en France.
La brasserie a reçu trois Heineken Quality Awards (1994, 2012, 2015), récompensant la qualité de sa production. Son pôle R&D, unique en France pour le groupe, a innové avec des bières aromatisées Edelweiss en 2015. La fermeture en 2025 marque la fin d’une ère, bien que la production de Fischer soit partiellement relocalisée chez Meteor à Hochfelden. Le site, enclavé en centre-ville, reste un symbole du patrimoine industriel strasbourgeois.
Architecturalement, le site mêle styles : bâtiments Art déco (partiellement démolis en 2010), hall administratif aux vitraux préservés, et clôture signée par l’architecte Émile Widmann. La fontaine de Faivre et les portails en fer forgé soulignent son éclectisme. La nappe phréatique, exploitée via un puits de 63 mètres, alimente le château d’eau, visible à des kilomètres. Ce mélange de fonctionnalité et d’esthétique en fait un cas d’étude pour l’industrialisation alsacienne.
Socialement, la brasserie a employé jusqu’à 220 personnes (2012), réduites à 193 en 2014 après des restructurations. Les faucons pèlerins installés en 2005 pour chasser les pigeons illustrent ses adaptations écologiques. Malgré sa fermeture, le site pourrait être repris, offrant un potentiel de reconversion pour ce patrimoine classé, entre mémoire ouvrière et enjeux urbains contemporains.
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