Construction de l’église 1125-1130 (≈ 1128)
Première phase de l’abbatiale actuelle.
1575
Occupation protestante
Occupation protestante 1575 (≈ 1575)
Siège et bombardements pendant les guerres de Religion.
1886
Premier classement
Premier classement 1886 (≈ 1886)
Début des restaurations modernes.
1965
Classement définitif
Classement définitif 1965 (≈ 1965)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Clotaire Ier - Roi mérovingien
Règne lors de l’installation de Saint Sore.
Gontran - Roi de Bourgogne
Offre des terres pour la fondation en 585.
Saint Sore (ou Sorus) - Moine érémitique
Fondateur initial de la communauté.
Amand - Disciple de Saint Sore
Évangélise la région, donne son nom à l’abbaye.
Odon - Abbé de Cluny
Protège l’abbaye des comtes de Périgord en 937.
Guillaume Ier de Montberon - Évêque de Périgueux
Fonde le monastère de Châtres en 1080.
Henri de Noailles - Noble et militaire
Reprend l’abbaye aux protestants en 1575.
Anatole de Baudot - Architecte restaurateur
Dirige les premiers travaux en 1894.
Origine et histoire
L'abbaye de Saint-Amand-de-Coly trouve ses origines au VIe siècle, lorsque le moine Saint Sore (ou Sorus) et ses disciples Amand et Cyprien s’installent sur le domaine mérovingien de Genuliacus (actuel Terrasson), aux confins du Limousin et du Périgord. Vers 558, sous le règne de Clotaire Ier, ils y mènent une vie érémitique. En 585, le roi Gontran, fils de Clotaire, visite Sorus et lui octroie des terres pour fonder une communauté chrétienne en l’honneur du martyr Julien de Brioude, avec l’aide de l’abbé Arédius de Saint-Yrieix. À la mort de Sorus, ses disciples l’inhument dans une basilique sur le domaine, tandis qu’Amand, après avoir évangélisé la région depuis une grotte, donne son nom au futur monastère.
Aux VIIIe et IXe siècles, l’abbaye de Saint-Sore (nom initial) essaimera une vingtaine d’églises et prieurés dans un rayon de 20 km. Cependant, en 833, Louis le Pieux restitue l’église de Genouillac à l’abbaye Saint-Martial de Limoges. En 857, les Normands détruisent le monastère lors de leurs incursions le long de la Vézère. La renaissance viendra probablement d’Odon, abbé de Cluny, qui en 937 protège l’abbaye des spoliations des comtes de Périgord en la plaçant sous l’autorité royale. En 1046, un rotulus catalan atteste son existence sous le nom de San Amando dicho Genolitico, lié à la famille de Terrasson.
En 1080, les chanoines augustins fondent le monastère de Châtres près de Saint-Amand, marquant un tournant. En 1101, Saint-Martial de Limoges impose la réforme bénédictine clunisienne à Saint-Sore, poussant des moines réfractaires à adopter la règle augustinienne et à s’installer à Saint-Amand. Entre 1125 et 1130, la construction de l’église abbatiale débute, comme en témoigne l’épitaphe du premier abbé connu, Guillaume, inhumé dans le mur nord. Le XIIe siècle marque son apogée, avec une influence grandissante aux XIIIe et XIVe siècles, malgré les guerres et la diminution des moines (sept seulement en 1347).
Les défenses de l’abbatiale, ajoutées au XIIIe siècle ou vers 1350, reflètent les tensions de l’époque. En 1356, Jean II le Bon transfère les hommages de l’abbé au comte de Périgord, tandis que la guerre de Cent Ans laisse l’abbaye et le village en ruines. Reconstruite partiellement grâce à Jean de Bretagne au XVe siècle, elle compte douze chanoines en 1483. Les guerres de Religion aggravent ses malheurs : en 1575, des protestants l’occupent, et Henri de Noailles la bombarde pour la reprendre. Sommairement restaurée en 1597, elle décline jusqu’à sa suppression au XVIIIe siècle, ses archives disparaissant à la Révolution.
Au XIXe siècle, l’église abbatiale, devenue paroissiale, est en ruine avant d’être sauvée par l’abbé Carrier et les locaux. Classée dès 1886, elle bénéficie de restaurations successives : charpente en 1894 par Anatole de Baudot, voûtes et murs consolidés entre 1905 et 1936, toit de lauzes en 1947, et plateformes défensives en 1962. Classée monument historique en 1965, elle incarne aujourd’hui un patrimoine médiéval et religieux majeur du Périgord Noir.
Les sources historiques, comme les Vita sancti Sori et Vita sancti Amandi, ou les cartulaires catalans, soulignent ses liens avec les familles nobles locales (Terrasson, Turenne) et les abbayes voisines (Saint-Sore, Saint-Martial). Son architecture mêle styles roman et défensif, reflétant une histoire mouvementée entre spiritualité, pouvoir seigneurial et conflits.