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Aqueduc antique (restes de l') à Fréjus dans le Var

Patrimoine classé
Vestiges Gallo-romain
Aqueduc gallo-romain
Patrimoine hydraulique
Var

Aqueduc antique (restes de l')

    405-561 Avenue du 15eme Corps d'Armée
    83370 Fréjus
Propriété de la commune
Aqueduc de Mons à Fréjus
Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
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Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
Aqueduc antique restes de l
Crédit photo : Auteur inconnu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1590
Destruction partielle
1886
Classement Monument Historique
1892
Réutilisation moderne
1959
Inondation par Malpasset
1962
Création du lac de Saint-Cassien
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Aqueduc antique (restes de l') : classement par arrêté du 12 juillet 1886

Personnages clés

Bernard de La Valette - Chef militaire (XVIᵉ siècle) Ordonna la destruction de l’aqueduc en 1590.
Perrier et Périer - Ingénieurs des Ponts-et-Chaussées (XIXᵉ siècle) Étudièrent la réutilisation de 1892 et le tracé immergé.
Pauline Darleguy - Historienne (XXIᵉ siècle) Auteure d’une étude sur l’aqueduc (BnF, 2021).

Origine et histoire

L’aqueduc de Mons à Fréjus, édifié au IIe siècle (bien que certaines sources évoquent une construction dès le Ier siècle), était un ouvrage romain majeur destiné à alimenter la ville en eau. Long de 41 567 mètres, il puisait initialement son eau à la Foux de Montauroux, avant d’être complété par la source de la Siagnole une vingtaine d’années plus tard, le rendant « bicéphale ». Son tracé, majoritairement souterrain, suivait une pente moyenne de 1,1 %, avec des sections aériennes spectaculaires à l’approche de Fréjus, où subsistent des arches emblématiques comme celles de Sénéquier ou du pont de Sainte-Croix. Classé Monument Historique en 1886, il illustre l’ingénierie romaine, malgré des incertitudes sur sa durée de chantier ou son financement.

La construction de l’aqueduc fut marquée par des défis techniques, notamment le franchissement de la Roche-Taillée, où une tranchée monumentale remplaça un tunnel effondré, ou les descentes abruptes de Pibresson et du plateau de Callian (pente de 8 % sans système de ralentissement). Les matériaux utilisés – mortier de chaux, tuileau, et pierres locales – reflètent une adaptation aux ressources géologiques variées (karst, sédiments, métamorphiques). Les vallons encaissés, franchis par des ponts plutôt que contournés, furent des points faibles : l’entartrage (1 mm/an de dépôts carbonatés) et les crues méditerranéennes endommagèrent régulièrement la structure, nécessitant des reconstructions.

L’aqueduc resta en service environ 305 ans, jusqu’au siège de Fréjus en 1590 où il fut saboté pour affamer les Huguenots (Carcistes). Son tracé fut partiellement réutilisé : en 1794 pour une conduite d’eau municipale, en 1892 pour une canalisation en amiante-ciment (alimentant Fréjus et Saint-Raphaël), et même aujourd’hui, où 5 à 7 km du parcours initial sont encore fonctionnels. Des vestiges remarquables subsistent, comme les arches de l’Esquine, le pont du Gargalon, ou la galerie des Vaux (852 m), tandis que des sections ont disparu sous le lac de Saint-Cassien (créé en 1962) ou lors de la rupture du barrage de Malpasset (1959).

L’ouvrage, d’une rusticité extrême, se distingue par l’absence de décoration, à l’exception d’un buste en bas-relief aux arches de la Bouteillère, symbole de la puissance romaine. Les regards de visite, rares, et l’absence de siphons (sauf ajouts modernes) soulignent une conception pragmatique. Les dépôts carbonatés, étudiés pour leur striation annuelle, offrent aujourd’hui des indices sur le climat antique de la région. Malgré les destructions liées à l’urbanisation (thermes de Villeneuve disparus), l’aqueduc reste un témoignage majeur de l’hydraulique romaine en Provence, mêlant héritage technique et réappropriations contemporaines.

Liens externes