Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Castrum de Cazals dans le Lot

Lot

Castrum de Cazals

    34 Chemin Saint Genies
    46250 Cazals

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1900
2000
1196
Première attestation
1259
Traité de Paris
1287
Cession à l'Angleterre
1319
Fondation de Montolza
1442
Fin de l'occupation anglaise
1994
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Fortanier de Gourdon - Seigneur de Cazals Possesseur en 1196.
Simon de Montfort - Chef croisé Confisqua Cazals aux Bonafos.
Philippe de Jean - Seigneur anglais Transforma Cazals en fort (1355).
Donnat Ier de Salviac de Vielcastel - Seigneur catholique Reconstruit le château (XVe–XVIe).
Charles de Salviac - Baron de Vielcastel Émigré royaliste (1791).
Renée et Guillaume Oosterhof - Propriétaires actuels Rachat en 2008 pour valorisation.

Origine et histoire

Le castrum de Cazals, attesté dès 1196 dans le traité de Gaillon entre la France et l'Angleterre, fut un enjeu stratégique pendant les conflits médiéaux. Initialement contrôlé par les seigneurs de Gourdon, il passa sous domination anglaise en 1287 après sa cession par Philippe le Bel. Le site se développa autour de trois pôles : le sanctuaire Notre-Dame de Ginolhac (Xe siècle), le château seigneurial, et la bastide de Montolza (1319), fondée par le sénéchal anglais Guillaume de Tolza.

Pendant la croisade contre les albigeois, le castrum fut confisqué par Simon de Montfort aux familles locales (Bonafos, Guerre) alliées au comte de Toulouse. Après la mort de Montfort, Cazals devint possession royale française, puis anglaise via le traité de Paris (1259), avant de revenir temporairement au domaine royal. La guerre de Cent Ans (1355–1442) vit le castrum transformé en fort anglais par Philippe de Jean, laissant la ville en ruine à sa fin. Les familles nobles locales (Gourdon-Thémines, Salignac) participèrent à sa reconstruction au XVe siècle.

Au XVIe siècle, le castrum fut marqué par les guerres de Religion, avec une communauté protestante grandissante face aux seigneurs catholiques comme les Vielcastel. Ces derniers, propriétaires du château depuis 1460, le modernisèrent grâce à des alliances matrimoniales (ex. : mariage avec Françoise de Valon en 1544). Le château, partiellement détruit, fut restauré par les Vielcastel, dont la devise Quam vetus est castrum origo souligne son ancienneté mystérieuse. Après la Révolution, il changea plusieurs fois de mains avant d’être racheté en 1972, puis en 2008 par un couple hollandais pour sa valorisation.

L’architecture du castrum reflète ses strates historiques : un terre-plein quadrangulaire (80 m de côté) ceint d’une enceinte bastionnée, une chapelle Saint-Martin, et des vestiges de tours seigneuriales (Guerre, La Roque, Gourdon). La ville médiévale, entourée de maisons-fortes comme le Castel-Rougié, abritait aussi des ostals (maisons nobles) et un hôtel des Gontaud-Saint-Geniès. Classé monument historique en 1994, le site conserve des maçonneries médiévales et des éléments Renaissance, témoins de son rôle militaire et seigneurial.

Les sources écrites soulignent son importance stratégique entre Quercy et Rouergue, ainsi que son lien avec les routes antiques Cahors-Villefranche. Les conflits successifs (croisade des albigeois, guerre de Cent Ans, guerres de Religion) ont façonné son histoire, entre mains françaises et anglaises. Les archives mentionnent aussi son rôle économique via les foires de la bastide de Montolza, complémentaire à la fonction défensive du castrum.

Liens externes