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Château d'Essalois à Chambles dans la Loire

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort

Château d'Essalois

    Essalois
    42170 Chambles

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
200 av. J.-C.
100 av. J.-C.
0
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
entre -170 et -25
Oppidum gaulois des Ségusiaves
1337
Première mention du puy d’Essalois
1378
Hommage d’Arthaud de Villedieu
1464
Propriété de Beraud de la Bâtie
1580
Construction par Léonard de Bertrand
1590
Pillage par les ligueurs
XIXe siècle
Restauration par Hippolyte Sauzéa
1976
Acquisition par le Syndicat des Gorges
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Arthaud de Villedieu - Seigneur médiéval Rend hommage pour la tour en 1378.
Léonard de Bertrand - Seigneur d’Essalois Constructeur du château en 1580.
Honoré d’Urfé - Chef ligueur Pille le château en 1590.
Hippolyte Sauzéa - Marchand et restaurateur Rachète et restaure le château au XIXe.
Gilles Michelou - Responsable de restauration Dirige les travaux depuis 1983.

Origine et histoire

Le château d’Essalois s’élève sur un site occupé depuis l’Antiquité, marqué par un oppidum gaulois des Ségusiaves (entre -170 et -25 av. J.-C.). Les fouilles archéologiques ont révélé des murailles, des amphores et des pièces attestant d’échanges commerciaux avec l’Italie, bien avant la période romaine. Ce lieu, naturellement fortifié, servait de point stratégique surplombant la Loire, avec des vestiges encore visibles près du « palais », à 500 mètres du château actuel.

Les premières mentions écrites du château datent du XIVe siècle, avec des chartes évoquant le puy d’Essalois dès 1337. En 1378, Arthaud de Villedieu y rend hommage au comte du Forez pour une tour et une maison surveillant la Loire. En 1464, la tour appartient à Beraud de la Bâtie, mais aucun vestige de cette construction primitive n’a été identifié à ce jour. L’histoire médiévale du site reste ainsi partiellement mystérieuse.

La structure actuelle fut édifiée en 1580 par Léonard de Bertrand, seigneur d’Essalois et maître des eaux et forêts à Montbrison. Dix ans plus tard, en 1590, le château fut pillé par des ligueurs menés par Honoré d’Urfé. Au XVIIe siècle, la seigneurie passa aux familles De la Veuhe puis d’Escoubleau de Sourdis, avant d’être vendue en 1671 aux moines Camaldules du Val Jésus. Ces derniers l’exploitèrent jusqu’en 1798, date à laquelle il fut vendu comme bien national pendant la Révolution.

Au XIXe siècle, le château en ruine fut racheté et restauré par Hippolyte Sauzéa, un marchand stéphanois, qui y apposa son blason sur la façade ouest. Les traces de cette restauration (briques, corniches, arcatures) sont encore visibles aujourd’hui. Les façades est et ouest portent des marques distinctes des deux campagnes de travaux, mêlant éléments médiévaux et ajouts du XIXe siècle.

Depuis 1976, le château appartient au Syndicat Mixte d’Aménagement des Gorges de la Loire et au département de la Loire. Une restauration menée depuis 1983, sous la direction de Gilles Michelou et de l’architecte des Bâtiments de France M. Lazar, a permis de préserver ce monument emblématique. Ouvert à la visite, il offre une vue exceptionnelle sur le lac de Grangent et symbolise l’action patrimoniale locale.

Le site conserve des traces de son passé multiséculaire : deux tours rondes du XVIe siècle, des vestiges de l’oppidum gaulois, et des éléments architecturaux des XIXe et XXe siècles. Son histoire reflète les enjeux stratégiques, économiques (pêche du saumon, exploitation agricole) et politiques (biens nationaux) qui ont marqué la région du Forez.

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