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Château de Lévis dans l'Allier

Château de Lévis

    37 D3
    03320 Lurcy-Lévis

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1422
Transmission aux Lévis
1655
Construction du château
1723
Érection en duché-pairie
1759
Vente à André de Sinéty
1852
Rénovations majeures
1945
Inscription aux Monuments historiques
2021
Création de l’association de sauvegarde
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Roger de Lévis - Constructeur du château Lieutenant général du Bourbonnais, initie la construction.
Brémond de Lévis - Ancêtre de la lignée Époux d’Agnès de Châteaumorand en 1422.
Charles Eugène de Lévis - Dernier duc de Lévis Obtient l’érection en duché-pairie en 1723.
Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne - Architecte et propriétaire Victime d’une escroquerie en 1753.
Isaac Thuret - Rénovateur du XIXe siècle Ajoute le pavillon central en 1852.
André-Louis-Marie de Sinéty - Industriel et propriétaire Transforme le château en manufacture de porcelaine.

Origine et histoire

Le château de Lévis, situé à Lurcy-Lévis dans l’Allier, est construit en 1655 sous le règne de Louis XIV par Roger de Lévis, lieutenant général du Bourbonnais. Il remplace une forteresse médiévale nommée Poligny, érigée au Moyen Âge par la famille de Poligny, puis transmise aux La Porte et aux Châteaumorand avant d’être acquise par les Lévis en 1422. Le domaine, érigé en marquisat puis en duché-pairie en 1723, reste la propriété de cette famille pendant plus de 300 ans, jusqu’à son passage aux Castries, puis aux Hardouin-Mansart de Sagonne en 1752.

L’architecture du château, sobre et symétrique, se caractérise par un corps central flanqué de deux pavillons, une cour d’honneur bordée de dépendances (écuries, cuisines), et une double allée d’arbres menant à l’entrée. Au XIXe siècle, des modifications majeures sont apportées, comme la surélévation du pavillon central (1855) et l’ajout d’escaliers à double-révolution. L’intérieur conserve des éléments remarquables : boiseries, plafonds à la française, et une cheminée monumentale dans le grand salon. Un colombier médiéval, vestige du château primitif, subsiste dans la basse-cour.

Le château change plusieurs fois de mains après les Lévis : vendu en 1759 à André de Sinéty, puis transformé en manufacture de porcelaine en 1788, il est acquis en 1823 par Louise-Cordélia-Eucharis Greffulhe, avant de passer aux Thuret (1833) et aux Waldner de Freundstein (1872). Inscrit aux Monuments historiques en 1945, il subit des dégradations majeures entre 1970 et 1995 sous des propriétaires américains, puis est partiellement restauré avant d’être fermé pour insécurité en 2000. Depuis 2021, une association œuvre pour sa sauvegarde, malgré des pillages et des problèmes de financement.

La forteresse de Poligny, antérieure au château actuel, était un fief stratégique sur la voie romaine Clermont-Bourges. Au XIIe siècle, elle passe aux La Porte, puis aux Châteaumorand, qui l’apportent aux Lévis par le mariage d’Agnès de Châteaumorand avec Brémond de Lévis en 1422. Le domaine, enrichi par des figures comme Charles de Lévis (grand maître des Eaux et Forêts sous Henri II), devient un symbole du pouvoir local. La transition vers le château moderne au XVIIe siècle marque l’apogée de cette lignée, avant son déclin progressif.

Au XVIIIe siècle, le château est marqué par des événements troubles : un incendie en 1744 dans le pavillon gauche, une escroquerie financière impliquant Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1753-1766), et sa transformation en manufacture de porcelaine par André-Louis-Marie de Sinéty. Ces péripéties reflètent les bouleversements économiques et sociaux de l’époque, où les grands domaines aristocratiques deviennent des enjeux spéculatifs. Le XIXe siècle voit des rénovations ambitieuses, comme l’ajout des escaliers extérieurs par Isaac Thuret (1852).

Depuis 1970, le château de Lévis connaît une histoire mouvementée : abandonné par des investisseurs américains, pillé et vandalisé, il fait l’objet de tentatives de sauvegarde infructueuses (2018-2019). En 2021, une association locale relance sa restauration, avec des fonds publics pour vitrer les fenêtres et organiser des événements culturels. Malgré des revers (comme le retrait de la Fondation La Sauvegarde de l’Art Français en 2024), le site reste un symbole du patrimoine bourbonnais, entre mémoire aristocratique et défis contemporains de préservation.

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