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Château du Repas à Chênedouit dans l'Orne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château de style Louis XIII

Château du Repas

    48 Le Repas
    61210 Putanges-le-Lac
Propriété privée
Crédit photo : Milka-berger - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XVe siècle
Présence d’un manoir fortifié
Début XVIIe siècle (vers 1605-1615)
Construction du château actuel
1789
Propriété de l’amiral de Cheux
1905
Rachat par le comte Frotier de Bagneux
1967
Classement partiel aux Monuments Historiques
2006
Acquisition par Olivier Dewavrin
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; douves (y compris le pont-levis) ; perspectives (cad. E 34, 83, 85 à 89, 146, 147, 155) : inscription par arrêté du 30 octobre 1967

Personnages clés

Nicolas Sallet - Constructeur du château (début XVIIe) Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.
Amiral Charles-Alexandre de Cheux - Propriétaire et explorateur (XVIIIe-XIXe) Envoyé par Louis XVI chercher La Pérouse.
Jean-Baptiste Sallet - Magistrat et probable rebâtisseur Premier président de la Cour des Aides.
Comte Frotier de Bagneux - Restaurateur (début XXe) Sauvegarde du château en 1905.
Olivier Dewavrin - Propriétaire actuel (depuis 2006) Restauration des couvertures et dépendances.
Michel Le Verrier - Seigneur du Repas (XVe siècle) Premier propriétaire connu du manoir.

Origine et histoire

Le château du Repas, situé à Chênedouit dans l’Orne, est une demeure du début du XVIIe siècle construite sur les fondations d’un manoir fortifié du XVe siècle. Il conserve une tour ronde d’escalier centrale et des éléments défensifs comme un pont-levis et des bastionnets, reflétant les besoins de protection contre les pillards de l’époque. Le lieu était déjà occupé à la préhistoire, comme en témoignent un menhir et une hache de pierre trouvés à proximité.

Le château fut bâti par Nicolas Sallet, gentilhomme de la chambre du roi, sur un ancien axe de communication entre Falaise et Domfront, deux places fortes majeures du duché de Normandie. Il passa ensuite entre les mains de familles influentes comme les Le Verrier, les Sallet (noblesse de robe), puis les de Cheux, dont l’amiral Charles-Alexandre de Cheux, explorateur envoyé par Louis XVI à la recherche de La Pérouse. La propriété inclut aussi une église et un presbytère.

Au XXe siècle, le château changea plusieurs fois de propriétaires, dont le peintre japonais Noriyoshi Ishigooka, dont les travaux furent controversés. Depuis 2006, Olivier Dewavrin œuvre à sa restauration. Classé partiellement aux monuments historiques en 1967, le château allie des façades en granite, des toitures d’ardoise, et un intérieur marqué par des cheminées monumentales et des plafonds à solives, bien que sa décoration ait souffert de dispersions et de modifications.

Le nom « Repas » apparaît au XIIe siècle, lié à des registres ecclésiastiques sous les formes Sanctus Julianus militum et Repastus. Une légende locale, non vérifiée, l’associe au géant Gargantua, mais aucune source fiable ne confirme cette origine. Le site, stratégique, fut un point de contrôle entre Falaise et Briouze, deux sergenteries importantes pendant la guerre de Cent Ans.

L’architecture du château illustre une transition entre la Seconde Renaissance et le style Louis XIII, avec des galeries à colonnes toscanes, des lucarnes « à la capucine », et un jardin à la française. Les fossés et le pont-levis rappellent son rôle défensif dans une région boisée et isolée. Les intérieurs, autrefois riches en mobilier et tapisseries, ont été en partie dispersés au XXe siècle.

Les familles propriétaires, comme les Sallet (anoblis sous Louis XI) ou les de Cheux (barons et amiraux), ont marqué son histoire. La famille Frotier de Bagneux, propriétaire au début du XXe siècle, entreprit des restaurations majeures. Aujourd’hui, le château reste un témoignage du patrimoine normand, entre héritage médiéval et adaptations modernes.

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