Origine paléochrétienne Ve siècle (≈ 550)
Oratoire construit sur un cimetière.
vers 1130
Chevet inspiré de La Sauve-Majeure
Chevet inspiré de La Sauve-Majeure vers 1130 (≈ 1130)
Sculptures romanes (oiseaux, serpents, lions).
XIe siècle
Construction du portail roman
Construction du portail roman XIe siècle (≈ 1150)
Six chapiteaux sculptés conservés.
1413-1422
Fortification par Pey Berland
Fortification par Pey Berland 1413-1422 (≈ 1418)
Clocher crénelé et chambre forte ajoutés.
1649
Résistance au duc d'Epernon
Résistance au duc d'Epernon 1649 (≈ 1649)
Siège pendant la Fronde.
1793
Dégâts révolutionnaires
Dégâts révolutionnaires 1793 (≈ 1793)
Mutilations pendant la Terreur.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique 1862 (≈ 1862)
Remplacement du clocher médiéval.
1896
Peinture des fresques et orgue
Peinture des fresques et orgue 1896 (≈ 1896)
Œuvres de Boudon, Vernay et Maille.
2012-2013
Restauration de l'orgue
Restauration de l'orgue 2012-2013 (≈ 2013)
Travaux de conservation menés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Siméon : classement par liste de 1862
Personnages clés
Pey Berland - Archevêque de Bordeaux et curé de Saint-Siméon
Fortifia l'église (1413-1422) et commanda des restaurations.
Cardinal Donnet - Archevêque de Bordeaux (XIXe siècle)
Supervisa le remplacement du clocher (1862).
Léo Drouyn - Historien et aquarelliste
Documenta les sculptures et l'histoire de l'édifice.
Napoléon III - Empereur des Français
Offrit une copie de tableau (1860).
Gaston Maille - Facteur d'orgues bordelais
Conçut l'orgue en 1896.
Origine et histoire
L'église Saint-Siméon de Bouliac, située dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine, est un édifice religieux du XIIe siècle dédié à Siméon le Stylite. Elle remplace un oratoire paléochrétien du Ve siècle et se compose d'une nef, d'un chevet et d'une sacristie. Seuls le chevet et les chapiteaux du portail subsistent de l'édifice originel, témoignant de deux campagnes de construction distinctes : la façade au XIe siècle et le chevet vers 1130, inspiré de l'abbaye de La Sauve-Majeure.
Pendant la guerre de Cent Ans, l'église fut restaurée et fortifiée entre 1413 et 1422 par Pey Berland, alors curé de Saint-Siméon et futur archevêque de Bordeaux. Il y ajouta un clocher fortifié, une barbacane et un chemin de ronde crénelé pour protéger le village des troupes françaises. Bien que Bouliac n'ait jamais été attaqué, ces fortifications, notamment la chambre forte au-dessus de l'abside, sont encore visibles aujourd'hui. En 1649, l'église résista aux assauts du duc d'Epernon, et en 1793, elle subit des dégradations pendant la Révolution.
Au XIXe siècle, sous le Second Empire, le clocher médiéval fut remplacé par l'actuel (1862), et la nef fut lambrissée. Les fresques ornant la nef, peintes en 1896 par Boudon et Vernay, illustrent des thèmes religieux comme l'amour dû à Dieu et au prochain. L'église, classée monument historique dès 1862, abrite également un orgue de 1896 restauré en 2012-2013, des statues (dont une Vierge à l'Enfant du XVIIe siècle), et des vitraux. Son portail roman, abrité sous le clocher, et son chevet aux chapiteaux sculptés (oiseaux, serpents, lions) en font un exemple remarquable de l'art roman en Aquitaine.
Les six chapiteaux du portail, datant du XIe siècle, représentent des scènes bibliques comme la visite des Rois Mages, le baptême du Christ ou le lavement des pieds de Pierre. Leur iconographie, influencée par des évangiles apocryphes et des symboles moraux (comme les porteurs de poissons évoquant l'intempérance), reflète les préoccupations spirituelles et didactiques de l'époque. À l'intérieur, les chapiteaux de l'arc triomphal opposent la vertu de Daniel dans la fosse aux lions à la chute d'Adam et Ève, illustrant les conséquences de l'obéissance ou de la désobéissance divine.
Le chevet, percé de cinq baies romanes, présente des sculptures symboliques : des oiseaux buvant dans un calice (allégorie de l'Eucharistie), un ouroboros (serpents s'entre-dévorant), et des dompteurs de lions ou de chiens, métaphores des passions humaines. Les modillons du chevet, au nombre de 21, délivrent des leçons de moralité contre la luxure, tandis que ceux des XVe et XIXe siècles sont purement décoratifs. L'église conserve aussi des sarcophages mérovingiens et carolingiens, découverts dans la nécropole gallo-romaine sous-jacente, rappelant son origine funéraire paléochrétienne.
Pey Berland, figure centrale de l'histoire de l'édifice, y est honoré par une statue du XIXe siècle sous le porche du clocher. Son action, tant comme curé que comme archevêque, marqua durablement l'église, notamment par les fortifications et la tour Pey-Berland à Bordeaux. Les toiles et statues présentes, comme La Conversion de Madeleine (1678) ou la Vierge aux donateurs (copie d'un Van Dyck offerte par Napoléon III), enrichissent son patrimoine artistique, mêlant héritage médiéval et ajouts modernes.
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