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Ancienne abbaye de la Joie à Hennebont dans le Morbihan

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Morbihan

Ancienne abbaye de la Joie

    1-11 Rue du Champ de Tir
    56700 Hennebont
Propriété de l'Etat
Abbaye Notre-Dame-de-Joye
Ancienne abbaye de la Joie
Ancienne abbaye de la Joie
Ancienne abbaye de la Joie
Crédit photo : Louis Boudan (fl. 1687–1709) Descriptiondessinateu - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1275
Fondation de l’abbaye
1512
Incendie dévastateur
1693
Reconstruction majeure
1792
Expulsion des religieuses
1921
Classement de la porterie
1995
Inscription du logis abbatial
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La porterie : classement par arrêté du 27 juin 1921 - Façades, toitures et escaliers du logis abbatial ; façades et toitures des communs (cad. AC 131, 144) : inscription par arrêté du 6 novembre 1995

Personnages clés

Blanche de Champagne - Fondatrice de l’abbaye Épouse de Jean Ier, duchesse de Bretagne.
Sibille de Beaugé - Première abbesse (1252–1312) Cousine germaine de Blanche de Champagne.
Suzanne de Plœuc - Abbesse reconstructrice (1688–1705) Commanditaire du logis abbatial en 1693.
Madeleine II de La Bourdonnaye - Dernière abbesse (1776–1792) Expulsée lors de la Révolution.

Origine et histoire

L’abbaye Notre-Dame-de-Joye, fondée le 5 octobre 1275 par Blanche de Champagne, épouse de Jean Ier de Bretagne, était une abbaye cistercienne féminine située à Hennebont. Affiliée en 1279 à l’abbaye de l’Aumône (diocèse de Chartres), elle accueillit des religieuses venues de l’abbaye Saint-Antoine-des-Champs à Paris. Son histoire fut marquée par un incendie dévastateur en 1512, qui détruisit l’église, le cloître et plusieurs bâtiments conventuels.

Reconstruite en 1693 sous l’impulsion de l’abbesse Suzanne de Plœuc, l’abbaye conserva des éléments majeurs comme la porterie (1699), le logis abbatial et un bâtiment d’exploitation. Ces structures, complétées par une aile sud au XIXe siècle, abritèrent après la Révolution une usine de fer, puis devinrent une propriété privée. La porterie, classée monument historique en 1921, servit de résidence aux prêtres avant de devenir une entrée symbolique (d’où son nom).

Au XIXe siècle, le site fut choisi pour accueillir les haras nationaux d’Hennebont, après un débat opposant initialement l’abbaye de Langonnet et les Ursulines de Pontivy. Les bâtiments, vendus comme biens nationaux, furent partiellement transformés : le logis abbatial accueillit des boxes pour chevaux au rez-de-chaussée, tandis que les étages et la porterie logèrent palefreniers et artistes en résidence. Aujourd’hui, la porterie, restaurée par la ville, abrite des créateurs dans le cadre de projets culturels.

L’abbaye connut 32 abbesses, dont Sibille de Beaugé (1252–1312), cousine de Blanche de Champagne, et Madeleine II de La Bourdonnaye (1776–1792), dernière abbesse avant l’expulsion révolutionnaire en 1792. L’église abbatiale, livrée aux carriers après 1792, disparut presque entièrement, ne laissant que des vestiges intégrés aux haras. Le jardin de l’abbesse, à l’ouest, et la chapelle post-1840 complètent l’ensemble actuel.

Le site, inscrit partiellement aux monuments historiques en 1995 (logis abbatial et communs), illustre les mutations d’un patrimoine religieux en espace utilitaire et culturel. Son histoire reflète les bouleversements politiques (Rvolution, industrialisation) et les adaptations architecturales, tout en préservant la mémoire cistercienne bretonne.

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