Origine et histoire de la ferme Jacob
La ferme Jacob, ancienne exploitation agricole située 17, rue Principale à Buswiller (Bas-Rhin), est une propriété privée fermée au public. Les façades et les toitures des bâtiments ont été inscrites aux Monuments historiques le 22 décembre 1981. Le nom 's Jacobs, attesté au XIXe siècle comme Hofname, a donné son appellation à la ferme. Les bâtiments s'organisent autour d'une grande cour.
Le logis, implanté perpendiculairement à la rue et en retrait derrière un jardinet et un mur, porte sur un poteau cornier le millésime 1599. Entièrement en pan de bois sur un soubassement maçonné crépi, il présente un étage en léger encorbellement sur trois côtés, un colombage à poteaux avec goussets et liens pleins en chevrons, et un pignon-loggia vers la rue sous une toiture en demi-croupe. La chambre d'angle de l'étage est éclairée par deux fenêtres aux chambranles saillants et sculptés de motifs géométriques en relief. Le perron d'entrée, côté cour, est desservi par un escalier en grès et protégé par un auvent ; la balustrade en bois date du XVIIIe siècle. Deux fanions en tôle, datés de 1607 ou 1609, figuraient autrefois sur le faîtage. L'arrière du rez-de-chaussée, maçonné vers 1920, a été remplacé par une façade à pan de bois dans le style du début du XVIe siècle ; diverses parties très dégradées (toiture, éléments de la balustrade du porche, certaines poutres, supports de fenêtre, sablière arrière) ont été refaites lors d'une rénovation menée en 2012-2013.
Un hangar accolé au logis, déjà figurant sur le cadastre de 1831, abrite un pressoir à raisins daté de 1595 et un pressoir à pommes. Les étables, reconstruites en 1731 selon les relevés, étaient ornées au début du XXe siècle de motifs peints au badigeon réalisés en 1814 ; le rez-de-chaussée a été refait en 1923, comme l'indique un millésime sur une porte. Au rez-de-chaussée des dépendances se trouvaient, de gauche à droite, l'aire des chevaux et son fourrage, des clapiers, les vaches avec une seconde aire à fourrage et la porcherie ; l'étage conservait colombages, pigeonnier, chambres de domestiques et greniers desservis par une coursière en encorbellement avec une balustrade partiellement conservée.
La grange, reconstruite en 1836 pour Iohannes Jacob et Anna Rueff d'après des inscriptions sur une traverse et sur la porte du cellier, occupe le fond de la cour parallèlement à la rue. Ses pignons présentent des décorations grattées dans le crépi (Kratzputz) avec des motifs floraux tels que la tulipe, symboles liés à la fécondité ; le cellier, à une extrémité, s'ouvre par une porte en plein cintre précédée d'un escalier abrité sous un toit à croupe reposant sur des poteaux formant un porche. La cour est fermée par un corps de passage construit en 1804 dont le mur gouttereau donne sur la rue ; ce bâtiment en colombage combine un espace ouvert avec porte piétonne et porte charretière ornée de losanges et une partie fermée en maçonnerie et colombage qui abritait une distillerie et une buanderie au rez-de-chaussée. Le puits, situé devant le logis et la buanderie-distillerie, est couvert. Le pignon du logis a été restauré à l'identique par des bénévoles. La ferme est aujourd'hui plus ou moins à l'abandon.