Pressoir à raisins 1595 (≈ 1595)
Daté dans le hangar accolé.
1599
Construction du logis
Construction du logis 1599 (≈ 1599)
Millésime gravé sur poteau cornier.
1607 ou 1609
Fanions en tôle
Fanions en tôle 1607 ou 1609 (≈ 1609)
Ornant autrefois le faîtage.
1731
Reconstruction des étables
Reconstruction des étables 1731 (≈ 1731)
Date inscrite sur une porte.
1804
Corps de passage érigé
Corps de passage érigé 1804 (≈ 1804)
Fermeture de la cour.
1836
Reconstruction de la grange
Reconstruction de la grange 1836 (≈ 1836)
Par Johannes Jacob et Anna Rueff.
1923
Rénovation des étables
Rénovation des étables 1923 (≈ 1923)
Rez-de-chaussée en brique.
1981
Inscription MH
Inscription MH 1981 (≈ 1981)
Façades et toitures protégées.
2012–2013
Restauration du logis
Restauration du logis 2012–2013 (≈ 2013)
Façade arrière et structure consolidée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des différents corps de bâtiment (cad. 2 37) : inscription par arrêté du 22 décembre 1981
Personnages clés
Johannes Jacob - Fermier et propriétaire
Reconstruit la grange en 1836.
Anna Rueff - Épouse de Johannes Jacob
Cofinancière de la grange en 1836.
Origine et histoire
La ferme Jacob est une ancienne exploitation agricole alsacienne située à Buswiller, dans le canton de Bouxwiller. Construite principalement au 4e quart du XVIe siècle (logis daté de 1599) et remaniée au 2e quart du XVIIIe siècle, elle illustre l’architecture rurale traditionnelle de Basse-Alsace. Ses façades et toitures, typiques du style à pans de bois avec encorbellements et loggia sculptée, ont été protégées par une inscription aux Monuments Historiques en 1981. Le site, toujours privé et fermé au public, conserve des éléments remarquables comme un pressoir à raisins de 1595 et des motifs peints du XIXe siècle dans les étables.
Le logis, perpendiculaire à la rue, est un témoignage rare de l’habitat alsacien ayant survécu à la guerre de Trente Ans (1618–1648). Sa structure en colombage, avec soubassement maçonné et premier étage en encorbellement sur trois côtés, présente des détails sculptés comme des chambranles ornés et une balustrade du XVIIIe siècle. Le pignon sur rue, doté d’une loggia aux garde-corps en losanges et chaises curules, était autrefois surmonté de fanions en tôle datés de 1607 ou 1609. Une rénovation majeure entre 2012 et 2013 a restauré la façade arrière dans le style du XVIe siècle, remplaçant des éléments dégradés comme la toiture ou des poutres.
Les dépendances s’organisent autour d’une cour fermée, reflétant une exploitation agricole complète. Les étables, reconstruites en 1731, abritaient autrefois chevaux, vaches, porcs et clapiers, avec un étage réservé aux domestiques et aux greniers. La grange, édifiée en 1836 par Johannes Jacob et Anna Rueff, arbore des motifs Kratzputz (dessins grattés dans le crépi) symbolisant la fécondité, comme des tulipes. Un corps de passage (1804) ferme la cour, combinant espaces ouverts en colombage et parties maçonnées abritant une distillerie et une buanderie. Le hangar attenant au logis conserve un pressoir à raisins de 1595 et un pressoir à pommes, soulignant la polyculture pratiquée sur place.
L’histoire de la ferme est marquée par des transformations successives, comme la reconstruction partielle des étables en 1923 (rez-de-chaussée en brique) ou la disparition progressive des décors peints du XIXe siècle. Bien que partiellement abandonnée aujourd’hui, la propriété reste un exemple emblématique de l’architecture rurale alsacienne, alliant fonctions agricoles, habitatives et artisanales (distillerie). Son nom, Jacob, provient du Hofname alsacien ’s Jacobs, désignant à la fois la ferme et ses occupants au XIXe siècle.
La ferme Jacob incarne aussi les défis de la préservation patrimoniale. Classée pour ses éléments extérieurs (façades et toitures), elle a bénéficié de restaurations récentes, comme celle du pignon par des bénévoles, mais son état actuel reste précaire. Les sources mentionnent un puits couvert devant le logis et une alcôve dans la grande salle, détails révélant le quotidien des habitants. Malgré son inaccessibilité au public, elle constitue un jalon important pour comprendre l’évolution des fermes à cour fermée en Alsace, entre Renaissance et période moderne.
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