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Phare de la Jument

Phare de la Jument
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Phare de la Jument
Phare de la Jument
Phare de la Jument
Crédit photo : Falken - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1904-1911
Construction du phare
15 octobre 1911
Allumage du feu
1917-1918
Renforts pendant la guerre
26 juillet 1991
Automatisation
31 décembre 2015
Inscription MH
20 avril 2017
Classement MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH le 31 décembre 2015. Le phare de la Jument, en totalité, y compris son soubassement, situé en mer d'Iroise sur la roche Ar-Gazec, à l'entrée du passage du Fromveur, au sud-ouest de l'île d'Ouessant (Finistère), sur le domaine public maritime non cadastré, coordonnées géographiques : 48°25'331'' N – 05°08'033'' W : classement par arrêté du 20 avril 2017

Personnages clés

Charles-Eugène Potron - Donateur Lègue 400 000 francs pour sa construction.
Georges Clet Heurté - Ingénieur en chef Dirige les travaux de 1904 à 1911.
Théodore Malgorn - Gardien (1989) Photographié face à une vague géante.
Jean Guichard - Photographe Auteur des clichés célèbres de 1989.
Henri Queffélec - Écrivain Auteur de romans sur le phare.

Origine et histoire

Le phare de la Jument a été érigé entre 1904 et 1911 sur le récif d'Ar Gazeg (« la jument » en breton), au large d'Ouessant, grâce à un legs de 400 000 francs de Charles-Eugène Potron, membre de la Société de Géographie de Paris. Ce projet visait à sécuriser une zone maritime dangereuse, où trente-et-un navires avaient fait naufrage entre 1888 et 1904, dont le paquebot Drummond Castle en 1896, causant 258 morts. Le phare fut conçu pour résister aux courants violents du Fromveur et compléter le système de signalisation existant, notamment avec les phares des Pierres Noires et de Créac'h.

La construction, dirigée par l'ingénieur Georges Clet Heurté, fut marquée par des conditions extrêmes : seulement 52 heures de travail possibles la première année en raison des tempêtes et des courants. Malgré un retard de sept mois, le phare fut allumé le 15 octobre 1911, bien que les aménagements intérieurs ne fussent terminés qu'en 1914. Son coût total atteignit 850 000 francs, bien au-delà du legs initial. Dès 1917, des fissures apparurent, nécessitant des renforcements, dont une cuirasse en béton armé et des haubans installés en 1934.

Le phare devint mondialement connu grâce à une photographie de Jean Guichard prise en 1989, montrant le gardien Théodore Malgorn face à une vague déferlante. Automatisé en 1991, il fut équipé d'un système LED en 2015 et d'un panneau solaire en 2023. Classé monument historique en 2017, il symbolise à la fois l'ingéniosité humaine et la puissance de la mer, avec des vagues record de 24,60 mètres mesurées en 2017-2018. Son histoire a inspiré des œuvres littéraires, comme les romans Le Phare et La Lumière enchaînée d'Henri Queffélec.

Le phare est aussi lié à des tragédies maritimes, comme celle du trois-mâts Catarina Stockholm, disparu en 1896 près du récif. Une gwerz bretonne a perpétué le souvenir de ce naufrage, aidant à localiser son épave. Aujourd’hui, le phare de la Jument reste un symbole de la lutte de l’homme contre les éléments, tout en étant un repère essentiel pour la navigation en mer d’Iroise.

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