Fondation cistercienne 1132 (≈ 1132)
Création par Fontenay sous le nom *Notre-Dame de Saint-Lieu*.
1656
Réforme d'Eustache de Beaufort
Réforme d'Eustache de Beaufort 1656 (≈ 1656)
Relance monastique avec 130 moines.
1791
Expulsion révolutionnaire
Expulsion révolutionnaire 1791 (≈ 1791)
Vente comme bien national.
1845
Rachat par les trappistes
Rachat par les trappistes 1845 (≈ 1845)
Restauration du monastère après l’exil.
1898
Refondation de Cîteaux
Refondation de Cîteaux 1898 (≈ 1898)
Participation à la renaissance de l’abbaye-mère.
2025
Scandale d'emprise spirituelle
Scandale d'emprise spirituelle 2025 (≈ 2025)
Enquête de *La Croix* sur le père Nicolas.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Eustache de Beaufort - Abbé commendataire (1656)
Réformateur de la vie monastique.
Jean-Baptiste Chautard - Abbé (1899-1934)
Sauveur de l’abbaye via la *Germalyne*.
Père Nicolas - Maître des novices (années 1980)
Accusé d’emprise et excommunié en 2018.
Émile Aebischer (Yoki) - Artiste verrier (1954)
Créateur de la verrière de la Vierge.
Dom Sébastien - Abbé (1887)
Fondateur de la brasserie de Sept-Fons.
Dom Patrick Olive - Abbé (1980-2022)
42 ans d’abbatiat marqué par des crises.
Origine et histoire
L'abbaye de Sept-Fons a été fondée en 1132 à Diou (Allier), sous le nom de Notre-Dame de Saint-Lieu, par des moines de l'abbaye de Fontenay, elle-même fille de Clairvaux. Ce monastère cistercien s’installe dans une lande marécageuse, grâce à des dons de seigneurs locaux comme Rodolphe de Thoury. Le pape Alexandre III confirme ces dons en 1164. Au Moyen Âge, l’abbaye subit les ravages de la guerre de Cent Ans et des guerres de Religion, mais se relève à chaque fois après pillages ou incendies.
Au XVIIe siècle, l’abbaye, en déclin, est réformée par Eustache de Beaufort, nommé abbé commendataire en 1656. Sa réforme monastique attire de nouvelles vocations, portant l’effectif à 130 moines ou plus à sa mort. En 1791, les moines sont expulsés lors de la Révolution, et l’abbaye est vendue comme bien national. Ils rejoignent alors les trappistes, dont la réforme menée par Armand de Rancé correspond à leurs idéaux. Après un exode de plusieurs décennies, sept moines trappistes rachètent les ruines de Sept-Fons en 1845 et restaurent le monastère, consacrant la nouvelle église abbatiale en 1856.
L’abbaye connaît un essor rapide au XIXe siècle, fondant plusieurs abbayes-filles en France (Chambarand, Masbaraud-Mérignat) et à l’étranger (Nouvelle-Calédonie, Palestine, Chine, Australie, Brésil). Malgré des échecs comme en Nouvelle-Calédonie (1877-1890) ou aux États-Unis, elle participe à la refondation de Cîteaux en 1898 et d’Orval en Belgique en 1926. Au XXe siècle, l’abbé Jean-Baptiste Chautard sauve l’abbaye de la ruine grâce à la Germalyne, un complément alimentaire à base de germe de blé, et résiste aux lois anticléricales de 1903 en trouvant des refuges comme au Brésil.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l’abbaye, située en zone occupée, est réquisitionnée par les Allemands. Après-guerre, elle poursuit ses fondations, comme en Nouvelle-Calédonie (1968-2001) ou en République tchèque (Nový Dvůr, 2002). En 2022, l’élection controversée de Dom Thomas Getti, puis sa réélection en 2024, révèlent des tensions internes. Une enquête de La Croix en 2025 dénonce un système d’emprise spirituelle autour du père Nicolas, maître des novices dans les années 1980, accusé de dérives sectaires, de violence verbale et de détournement du secret de la confession, malgré son excommunication en 2018.
L’abbaye de Sept-Fons est aussi connue pour ses activités économiques. Vers 1890, Dom Sébastien y installe une brasserie primée (médaille d’or à Paris en 1891), mais celle-ci, trop coûteuse, est vendue en 1904. L’abbaye se tourne alors vers des produits alimentaires comme la Germalyne (1930), des confitures, et la Tomette de Sept-Fons, un fromage local. En 2008, elle est légalement reconnue comme congrégation, comptant 80 moines en 2013.
Son architecture, marquée par des reconstructions successives, inclut une verrière moderne réalisée en 1954 par l’artiste suisse Émile Aebischer (Yoki), représentant une Vierge à l’Enfant. Aujourd’hui, Sept-Fons reste un lieu de spiritualité trappiste, bien que marqué par des crises de gouvernance et des accusations de dysfonctionnements persistants, malgré les tentatives de réforme initiées par le Vatican en 2022.