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Château de Blanchefort dans l'Aude

Aude

Château de Blanchefort

    Route Sans Nom
    11190 Rennes-les-Bains

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
2000
Xe siècle
Construction d'un premier *castrum*
1067
Première mention écrite
1119
Rattachement à l'abbaye d'Alet
1125
Soumission à Trencavel
1209
Prise par Simon de Montfort
XIVe siècle
Agrandissement du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Blanche de Castille - Reine de France (légende) Aurait ordonné sa construction selon la tradition.
Bernard-Aton IV Trencavel - Vicomte de Carcassonne Seigneur suzerain en 1125.
Simon de Montfort - Chef de la croisade Prit le château en 1209.
Guillaume de Blanchefort - Seigneur du château Fuit lors de la prise de 1209.
Pierre de Voisins - Nouveau seigneur Allié de Montfort, instaura des taxes.

Origine et histoire

Le château de Blanchefort est un ancien château fort édifié sur un pic rocheux blanc, à l’origine de son nom (« le fort blanc »). Son emplacement stratégique surplombe le confluent de la Sals et du Rialsesse, affluents de l’Aude. Les premières traces écrites remontent à 1067 sous le nom castrum de Blancafortis, bien qu’un castrum wisigoth du Xe siècle ait pu exister sur le site. Une légende attribue sa construction à Blanche de Castille, venue à Rennes-les-Bains, mais cette hypothèse reste incertaine.

Au Moyen Âge, le château change plusieurs fois de mains : il appartient d’abord à l’abbaye de Jaffus (1100), puis à celle d’Alet (1119), avant d’être contrôlé par le vicomte Bernard-Aton IV Trencavel en 1125. Une légende du XIIe siècle évoque une mine d’or exploitée par les Templiers, mais celle-ci serait en réalité un trésor wisigoth redécouvert. En 1209, pendant la croisade des Albigeois, Simon de Montfort s’empare du château, alors rallié aux cathares. Le seigneur Guillaume de Blanchefort fuit, et Pierre de Voisins, allié de Montfort, en prend le contrôle et impose de lourdes taxes.

Le château est agrandi au XIVe siècle, mais son importance décline avec l’arrivée des canons (XVIe siècle) et le traité des Pyrénées (1659), qui rendent sa position frontalière obsolète. Abandonné dès le XVIIIe siècle, il n’apparaît plus sur les cartes en 1713. Aujourd’hui, il n’en reste que des ruines : traces de courtines, fondations d’un donjon carré de 7 mètres de côté, et une citerne profonde. L’accès à la cour se faisait autrefois par une échelle, la porte étant perchée sur une falaise.

Le site est associé à des légendes locales, comme celle du trésor wisigoth ou des Templiers, mais aussi à l’histoire mouvementée de l’Occitanie médiévale, marquée par les conflits entre seigneurs, abbayes et pouvoirs royaux. Son architecture modeste reflète son rôle de forteresse secondaire, malgré son implication dans la croisade contre les albigeois.

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